Haydn et son Maître d’école malicieux par Antonini
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Le dix-huitième volume de l’intégrale des symphonies de Haydn entreprise par Giovanni Antonini est à nouveau un régal de saveurs et de couleurs. Le professeur s’y montre très joueur.
De vieilles photos en noir et blanc de sages écoliers, un titre, Le Maître d’école, et un texte de Giovanni Antonini qui met en avant « le caractère ludique et ironique » de la musique de Haydn. Ce dix-huitième volume de cette intégrale des symphonies de Haydn, appelée à s’achever en 2032, surprend et intrigue. Sa composition, son organisation, sa conclusion (étourdissant finale de la Symphonie n° 5 de Franciszek Lessel, contemporain de Beethoven et élève de Haydn) stimulent la curiosité.
Les dix-sept disques précédents laissent évidemment deviner que l’art des contrastes sera à nouveau aux commandes et que le maître d’école aura remisé sa blouse grise au placard. Les arpèges descendants qui ouvrent franchement la Symphonie n° 56 ne laissent aucun doute. À vive allure, l’orchestre, avec deux cors et deux trompettes, s’articule avec souplesse sur sa mesure à trois temps, sans cesse soutenue par des trémolos de doubles croches des violons et altos.
Antonini n’a pas son pareil pour ménager les transitions et relancer le discours sans jamais rigidifier le phrasé. Et il fait montre d’une souplesse des plus expressives dans l’Adagio où le basson chante avec douceur mais générosité, parfois rejoint par le hautbois. Après un menuet ingambe, le finale conclut avec panache et humour sur un très large éventail de nuances mais une détermination intacte.

Giovanni Antonini, architecte des contrastes
Giovanni Antonini rappelle dans son texte de présentation que Haydn « jouait souvent avec divers éléments – phrases aux structures asymétriques, coups de théâtre, allusions ironiques – voire avec son propre public ». Aussi le titre, apocryphe, de la Symphonie n° 55, « Le Maître d’école », a-t-il été suggéré par l’Adagio ma semplicemente, construit sur un thème simple et badin, sujet à variations. L’Orchestre de chambre de Bâle et Giovanni Antonini font de ce mouvement lent un manifeste esthétique où la plus tendre délicatesse s’accompagne toujours d’un sourire discret (la ponctuation joviale des cordes graves) et d’un esprit ludique : Haydn dans toute sa splendeur, sa spontanéité, sa bonhomie. La même réjouissante faconde s’empare du finale, également à variations et tout aussi enthousiasmant.
Ce Maître d’école est tout sauf scolaire.
Informations pratiques
- Compositeur : Joseph Haydn (1732-1809)
- Album : Il maestro di scuola
- Œuvres : Symphonies nos 29, 55 et 56
- Interprètes : Orchestre de chambre de Bâle, Giovanni Antonini (direction)
- Label : Alpha Classics 1092 (1 CD )
- Date d’enregistrement : 2024
- Durée : 1 h 16 min




