Une troisième Olimpiade sur le podium
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Captée à Jesi, ville natale de Pergolèse, cette nouvelle Olimpiade réunit une troupe de jeunes chanteurs presque exclusivement italiens sous la direction de Giulio Prandi. Une lecture ardente, élégante et prometteuse, malgré une version sensiblement abrégée.
Après Caldara, qui fut le premier à mettre en musique le livret de Métastase à Vienne en 1733, vinrent Vivaldi à Venise en 1734, puis Pergolèse à Rome, où il s’était installé, en 1735. Cette nouvelle intégrale de son Olimpiade arrive, elle aussi, en troisième position, après le premier enregistrement mondial de Marco Armiliato en 1992 (Arkadia), et la double version d’Alessandro De Marchi en CD (Deutsche Harmonia Mundi) et en DVD (Arthaus) en 2011.
Les plus scrupuleux hésiteront néanmoins à considérer cette nouvelle parution comme intégrale dans la mesure où elle est privée de plusieurs airs et a élagué les récitatifs : elle se fait l’écho d’un spectacle capté à Jesi, ville natale du compositeur, comme l’explique le metteur en scène Fabio Ceresa. En résulte une durée totale inférieure à deux heures trente, contre trois heures cinquante pour la version de 2011.
Une équipe jeune et une réjouissante italianità
Les jeunes artistes réunis au Teatro Pergolesi pourront ici et là sembler un rien en deçà des exigences d’une partition qui appelle souvent une virtuosité échevelée, et l’on se prend à rêver à ce que donneraient ici quelques-uns des gosiers les plus aguerris d’aujourd’hui, passés maîtres dans l’art de la vocalisation ultra-rapide et précise. Les deux versions précédentes ne pouvaient pas davantage se prévaloir de stars à part les chanteurs rossiniens Ernesto Palacio et Raúl Giménez titulaires du rôle du roi Clistene en 1992 et sur le DVD de 2011.
Mais l’italianità de la présente équipe est superlative (une seule voix n’est pas originaire de la péninsule) et l’on sent une troupe soudée sur scène. Giulio Prandi entraîne la vingtaine d’instrumentistes de son Orchestra Ghislieri d’une main ferme mais souple, et sa direction subtile aurait mérité moins de coupes dans la partition.
Des voix féminines plutôt que des contre-ténors
À la création romaine en 1735, Pergolèse avait eu une distribution entièrement masculine, composée de quatre castrats sopranos, d’un castrat contralto et de deux ténors. Les reprises données ailleurs avaient permis à des femmes d’interpréter cet opéra, et Giulio Prandi n’a eu recours à aucun contre-ténor, préférant confier trois des rôles masculins à une soprano, une mezzo et une contralto. Josè Maria Lo Monaco, dont on se souviendra peut-être qu’elle fut à Lyon la Carmen d’Olivier Py, est un Licida plein d’ardeur.
Anicio Zorzi Giustiniani en roi séduit davantage dans son air lent que dans la vélocité. Le plus beau moment de la partition, le duo qui conclut le premier acte, fait s’entrelacer avec beaucoup de charme les voix de la Chypriote Theodora Raftis, Megacle au timbre argentin, et de Carlotta Colombo, élégante Aristea. Francesca Ascioti fait valoir son autorité et son timbre moiré en Alcandro, tandis que Silvia Frigato, sensuelle Argene, et Matteo Straffi, solide Aminta, complètent la distribution.
Informations pratiques
- Compositeur : Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736)
- Œuvre : L’Olimpiade
- Interprètes : Josè Maria Lo Monaco (Licida), Theodora Raftis (Megacle), Carlotta Colombo (Aristea), Anicio Zorzi Giustiniani (Clistene), Silvia Frigato (Argene), Matteo Straffi (Aminta), Francesca Ascioti (Alcandro), Orchestra Ghislieri, Giulio Prandi (direction)
- Label : Arcana A 598 (2 CD)
- Date d’enregistrement : 2025
- Durée : 2 h 26 min
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