À Montpellier, la collaboration entre la metteuse en scène Orpha Phelan et le jeune chef Roderick Cox pour La Bohème a porté ses fruits. 

La Bohème ©Marc Ginot

Crédit photo : Marc Ginot

Une Bohème bien menée, et sans excès conceptuels, a fait chavirer le cœur des Montpelliérains. On y attendait le jeune Américain Roderick Cox, récemment nommé directeur musical de l’institution languedocienne. Son Puccini met en valeur les interprètes et privilégie une palette sonore regardant plutôt vers Ravel que vers Tchaïkovski. L’occasion de souligner de nouvelles subtilités au cœur d’une œuvre rabâchée. La difficile mise en place du deuxième tableau, avec ses deux chœurs, sa banda et une foule de solistes, est emportée haut la main.

Située dans une warehouse abandonnée, cette Bohème selon l’Irlandaise Orpha Phelan s’inspire des années 1930 et du cinéma réaliste, avec un joli clin d’œil à L’Ange bleu et Marlène Dietrich. Rodolfo pratique la machine à écrire et ses trois acolytes vivotent au sein d’une fratrie intemporelle. Le décor est progressivement mangé par la rouille dont le sang ferrugineux domine la mort de Mimi.

L’Opéra de Montpellier a su réunir une distribution internationale d’où se détache le Marcello du Polonais Mikołaj Trąbka. La Mimi de sa compatriote Adriana Ferfecka est davantage Tosca que jeune fille maladive, mais on prend plaisir à son timbre charnu. La Musetta de la Russe Julia Muzychenko fait entendre en revanche une voix un peu acide. Jolie révélation, enfin, que celle du ténor chinois Long Long. Son timbre solaire et sa technique solide ont composé un Rodolfo d’une belle intensité.

Montpellier, Corum, le vendredi 24 mai.