Le  tournage de « Je vous présente Paméla », l’histoire d’une jeune fille anglaise tombant amoureuse du père de son mari, démarre dans les studios de la Victorine de Nice.
Dans ce film dont le titre désigne au cinéma une prise de vue effectuée en plein jour mais donnant l’impression d’un tournage nocturne, on suit une équipe technique. La vie privée des acteurs, leurs turpitudes et leurs trépidations se mêlent à l’intrigue des personnages qu’ils incarnent, compromettant ainsi sans cesse le tournage.

Cette nuit américaine franco-britannique qui réunit Jean Pierre Léaud en Alphonse et Jacqueline Bisset en Julie Baker a pourtant un seul vrai personnage : le cinéma. Delerue y fait d’ailleurs une apparition téléphonique remarquée, invitant à une rêverie cinéphilique qui ne laisse pas insensible.

C’est sur le Grand Choral, musique inspirée de Bach que l’histoire se joue. Des airs du Concerto pour 2 trompettes d’Antonio Vivaldi y résonnent, conférant à l’œuvre un caractère cérémonial. La musique contient le rêve du cinéma, sa désillusion. Sa présence, son caractère enthousiasmant et jubilatoire rappelle pourtant ce que Truffaut souligne par ailleurs : un film envahit tout, au détriment de la vie privée et éventuellement de la vie familiale. Le film se clôt d’ailleurs ainsi :

 « Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n’y a pas d’embouteillages dans les films, il n’y a pas de temps morts ».

Crédit photo : Kroon, Ron / Anefo

Réalisateur : François Truffaut

Figure majeure de la Nouvelle Vague, François Truffaut né en 1932 à Paris et y décède en 1984 d’une tumeur cérébrale. Il commence en tant que critique aux Cahiers du Cinéma, avant de se lancer dans le cinéma d’auteur, devenant l’auteur de vingt-et-un longs métrages. Il obtiendra 26 nominations et 7 récompenses. Hitchcock, Rossellini et Renoir seront ses principales influences. En cinéaste attentif, la récurrence de ses personnages le suivra jusque dans son dernier long métrage.

Crédit photo : Ministère de la Culture – Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Dist. RMN-Grand Palais / Studio Harcourt

Compositeur : Georges Delerue

Compositeur phare de Truffaut il aura composé près de 350 bandes originales, dont  onze partitions consacrées à ce dernier. Né à Roubaix en 1925 et mort à Burbank (Californie) en 1992, il reçoit à trois reprises le César de la meilleure musique. Pour Delerue, la musique est un langage international. Elle habille les émotions avec justesse. Ainsi elle précipite la crise qui abimera le couple dans la Peau Douce. Elle souligne le jeu de main, intimidant mais néanmoins agile entre Aznavour et Marie Dubois dans Tirez sur le pianiste. Inoubliable, elle est un tourbillon musical qui épousera sublimement la souffrance amoureuse.  « Quand les bruits n’ont plus rien à faire, quand le texte doit être dépassé, la musique intervient ».