Richard Brunel et Alexander Joel font un sans-faute avec LAffaire Makropoulos, huitième opéra du compositeur tchèque, présenté dans une nouvelle production parfaitement équilibrée.

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Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

En une heure et trente-cinq minutes, Richard Brunel condense le multiséculaire destin de la diva Emilia Marty rendue immortelle par l’élixir inventé par son père, médecin de l’empereur Rodolphe II. Cette Affaire Makropoulos est également une complexe querelle d’héritage que le metteur en scène, également directeur de l’Opéra de Lyon, rend lisible grâce à un judicieux usage de rideaux lamés, de maquettes et de praticables. La musique, fouettée par la battue d’Alexander Joel, percute tout autant que les timbres, parfois cassants, des rôles principaux. Ténor puissant de Denys Pivnitskyi, baryton noir comme un Alberich de l’admirable Tómas Tómassonn, prestation autoritaire de Robert Lewis, sans oublier la toujours intéressante présence de Thandiswa Mpongwana, jeune mezzo issue du Lyon Opera Studio. La production vaut surtout pour l’irradiante soprano lituanienne Ausrine Stundyte, spécialiste des rôles d’écorchées vives tel L’Ange de feu de Prokofiev, Elektra ou Lady Macbeth de Mtsensk. Même si l’instrument, en ce soir de juin, a paru marquer le pas, l’incarnation reste, elle, brûlante ; celle d’une vraie diva pour un rôle de diva démente façon Sunset Boulevard. Mention spéciale au programme de salle de l’Opéra de Lyon dont le format de poche n’obère ni la densité des informations ni la qualité des textes réunis.

Lyon, Opéra, le 14 juin.

Prochaines représentations les 18, 20, 22 et 24 juin.