« Terpsichore’s Box of Dreams » d’Augusta Read Thomas
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La compositrice Augusta Read Thomas nous guide à la découverte de ses créations chatoyantes.

Augusta Read Thomas
(née en 1964)
« Terpsichore’s Box of Dreams »
Grossman Ensemble, dir. Tim Weiss, The Suny Fredonia Wind Ensemble, dir. Paula Holcomb
Nimbus Records NI6445. 2024. 1 H 09 MIN
Augusta Read Thomas occupe une place à part dans la musique d’aujourd’hui. Compositrice native de l’État de New York, elle a réussi à se faire un nom sans être minimaliste, ce qui est une performance aux États-Unis. Ce mouvement et ses acteurs ne laissent à ceux qui n’épousent pas leur esthétique que les campus universitaires pour se faire entendre. Inspirée par la prolifération syncrétique de Luciano Berio mais aussi par la spontanéité du jazz, Augusta Read Thomas présente ici ses créations récentes, toutes pétulantes et lumineuses. Terpsichore’s Box of Dreams, composé en 2023, explore la sensibilité de cette déesse de la danse, fille de Zeus et de Mnémosyne, à travers sept danses jouées par le Grossman Ensemble. Un univers particulièrement chatoyant nait par des atmosphères variées, toutes finement articulées, gracieuses et virevoltantes. Un art du mouvement caractérise l’écriture colorée de Read Thomas que l’on retrouve dans Dance mobile (2021), hommage à Oliver Knussen, compositeur anglais disparu en 2018, qui se déploie en trois danses dont la forme s’inspire des mobiles de Calder.
Laetitia’s Caprice (2023) est une séduisante fanfare de poche pour le saxophone soprano de Phil Pierick. Dans Carnival (2022) pour basson – Nadina Mackie Jackson – et ensemble, un voyage organique est projeté par une expressivité, des couleurs, des pulsations toujours en action. Ce dynamisme à ressorts n’est pas sans évoquer la vitalité de Franco Donatoni, avec cette même virtuosité rythmique offrant des résonances poétiques finement ciselées. Bebop Riddle II (2022), conversation entre le violoncelle d’Alexander Hersch et le piano de Tom Hicks associe un pointillisme contrapuntique au swing, avec des harmonies proches de celles de Bill Evans et de Thelonious Monk. Con Moto (2018) et Star Box (2020) poursuivent cet élan jazz par un quatuor de percussions parcourant des labyrinthes de rythmes réverbérés, kaléidoscopes sonores, qui sont autant d’instantanés donnant l’illusion d’être autopropulsés, comme toute la musique d’Augusta Read Thomas qui cherche constamment l’immédiateté d’une présence par un jaillissement spontané d’énergie pure.




