Tan Dun au musée Guimet
Le musée Guimet accueille ce week-end la création mondiale de Échos des grottes de Mogao. Musiques de la dynastie Tang de Tan Dun, le plus grand compositeur chinois de notre époque.

Crédit photo : Parnassus Productions
Pour beaucoup, Tan Dun, c’est la bande-son du film Tigre et dragon, sorti en 2000. Pourtant, on doit aussi au compositeur chinois plusieurs opéras (dont Le Premier Empereur, créé au Met de New York par Placido Domingo) et de nombreuses œuvres symphoniques. De son propre aveu, Tan Dun ne fait aucune différence entre ce qu’il écrit pour le cinéma et ce qu’il compose pour les salles de concert : sa toute dernière création, Sound River, se présente d’ailleurs comme un poème symphonique accompagnant seize courts métrages réalisés tout au long de la Route de la Soie. « Ma musique raconte toujours des histoires, elle cherche à illustrer ma vision du son, à traduire les couleurs que j’entends. » Dans le cadre de son année chinoise, et en parallèle avec sa grande exposition sur la dynastie Tang (jusqu’au 3 mars 2025), le musée national des arts asiatiques – Guimet accueille le compositeur pour trois concerts.
Exploration de l’univers sonore des Tang
Le projet est né il y a quelques années, quand Yannick Lintz, présidente du musée, a rencontré Tan Dun à Hong Kong alors qu’elle revenait des grottes de Dunhuang, près du désert de Gobi. Après une conversation de plusieurs heures, il a été décidé de concevoir un programme proposant une exploration de l’univers sonore des Tang, une expérience immersive, avec danses, instruments anciens et recours à l’IA pour entourer les spectateurs de projections reproduisant les célèbres fresques des grottes.
En première partie, Tan Dun dirigera six pièces datant d’il y a mille cinq cents ans, dont il a arrangé et orchestré les partitions retrouvées à Dunhuang mais conservées à la BnF. Après un entracte, il présentera les actes II et V de l’oratorio Buddha Passion (2018), « La biche aux neuf couleurs » et « Le sutra du cœur ». « J’ai choisi ces deux histoires parce qu’elles parlent de la nature et qu’elles ont une dimension spirituelle qui me touche beaucoup, déclare le compositeur. Je les ai révisées pour une seule voix, chaque chanteur interprétant tous les rôles. » Après cette première parisienne, le concert sera repris à Macao et, avec l’aide de la mécène Pansy Ho, il pourrait ensuite être proposé à Hong Kong, Shanghai, Pékin et, en fin de parcours, à Dunhuang.
Pour plus d’informations
« Échos des grottes de Mogao : Musiques de la dynastie Tang »
Les 13, 14 ou 15 décembre à 20h à l’auditorium du musée national des arts asiatiques – Guimet.