Signes de Carolyn Carlson joue sur tous les tableaux
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Signes de Carolyn Carlson nous emporte dans les mondes des couleurs. Une odyssée fantastique.

Crédit photos : Benoîte Fanton
Sept toiles géantes du peintre Olivier Debré se succèdent sur le vaste plateau de l’Opéra Bastille, sept univers picturaux qui sont autant d’étapes d’un voyage onirique, avec chacun sa couleur dominante, son ambiance sonore, et son thème évocateur… Rosé comme le lever de soleil sur la Loire pour dire la sérénité d’un doux matin de France, bleuté comme les nuages de brume sur les montagnes de Chine, noir teinté de rouge sang pour symboliser la passion austère des moines de la Baltique…
Signes, de Carolyn Carlson, ballet créé en 1997, que l’Opéra de Paris reprenait pour clore sa saison en beauté, joue vraiment sur tous les tableaux : la chorégraphe a cherché l’osmose parfaite entre la peinture, la musique et la danse. Ici, les toiles sont, non pas seulement des décors, mais des sujets dramatiques qui vibrent par le jeu des lumières et s’animent par des ajouts de fragments picturaux mobiles, comme si la main invisible du peintre venait ajouter une ultime touche de pinceau à la scène.

7 univers picturaux
Les solistes, Caroline Osmont et Jack Gasztowtt, deux « sujets » de la compagnie très prometteurs, sont les héros éthérés de cette odyssée fantastique dans le monde des couleurs. Ils papillonnent d’un tableau à l’autre avec légèreté, s’accordent à chacun des sept univers comme des caméléons, prenant l’humeur du temps et les teintes du moment – les harmonies de palettes entre les décors et les costumes sont particulièrement réussies.
À chaque étape, ils interagissent avec le petit peuple baroque du corps de ballet, personnages souvent drôles et fantasques, qui sortent de la toile et s’ébrouent au rythme des créations musicales originales de René Aubry, un enchevêtrement de tonalités planantes qui, elles aussi, composent à chaque fois un paysage musical envoûtant.
Glissant d’un monde à l’autre
La chorégraphie multiplie les jetés de bras façon moulins à vent, les portés tournoyant aux longs cheveux lâchés, elle abuse parfois des pauses lyriques et maniérées, mais on lui pardonne, car malgré tout, elle nous invite à une promenade toute en douceur, et souvent au ralenti. Tout cela glisse telle une jonque sur une eau calme, et on se laisse finalement porter d’un monde à un autre, pris dans ce drôle de songe qui nous procure une indéniable satisfaction esthétique et nous met en joie.
Pour plus d’informations
Signes de Carolyn Carlson, Opéra Bastille, Paris. Le 24 juin
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