Malgré la complexité de l’ensemble, la mise en scène de Rusalka par la Grecque Rodula Gaitanou paraît plutôt banale.

Rusalka ©J Berger/ORW Liège

Crédit photo : J. Berger/ORW Liège

L’opéra Rusalka n’a jamais été représenté à Liège. Au niveau du décor et des costumes, les grands moyens ont été convoqués (un dispositif occupé par un immense anneau déplacé en fonction de l’action, un escalier métallique côté jardin séparant l’univers aquatique de l’Ondine et le monde des humains), mais malgré la complexité de l’ensemble, la mise en scène de la Grecque Rodula Gaitanou très connotée paraît plutôt banale.

Ce conte féérique est certes illustré par de belles images sans que le rêve nous emporte. À la tête de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra Royal, son directeur musical Giampaolo Bisanti qui aime visiblement cette partition en dégage le lyrisme tout en l’alourdissant par une direction trop présente (cf les premiers temps des Danses slaves).

Dans le rôle-titre, Corinne Winters incarne avec générosité son personnage et se moule dans ses différents avatars (la greffe des jambes à l’acte II est assez impressionnante comme les illusions perdues du dernier acte où elle se balance chauve sur un fauteuil). Toutefois, en dépit de la projection de sa voix, elle force souvent le ton dans le registre aigu. À ses côtés, le ténor Anton Rositskiy peu chaleureux en Prince amoureux possède une tessiture égale, et la basse profonde Evgeny Stavinsky offre de l’Ondin une prestation très humaine. Les maléfices de la Sorcière Ježibaba sont bien rendus par Nino Surguladze à la limite du surréalisme, et en Princesse étrangère, Jana Kurucová un peu brute d’expression ne manque pas de prestance. Rôles secondaires bien servis par Jiří Rajniš en Garde forestier et Hongni Wu en Garçon de cuisine, tous deux hauts en couleur.

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