Rouvali conclut un cycle Sibelius personnel et percutant

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Published On: 9 octobre 2025|
Temps de lecture : 2 minutes

Santtu-Matias Rouvali conclut en beauté son cycle Sibelius avec l’Orchestre symphonique de Göteborg pour Alpha Classics. Dans ces Symphonies n°6 et n°7, le chef finlandais déploie une lecture intense, charnelle, habitée – un aboutissement salué d’un Choc Classica.

Santtu-Matias Rouvali aura pris le temps de son mandat à Göteborg (2017-2025) pour confier au disque son cycle Sibelius, dont voici la conclusion, tout aussi personnelle que les quatre précédents volets.

Jamais là où on l’attend, le chef finlandais prend ainsi le contre-pied de la tradition d’épure et de demi-teinte de la Symphonie n° 6, considérée comme délicate et chambriste depuis la gravure princeps de Georg Schnéevoigt à Helsinki (EMI, 1934), que Herbert von Karajan et l’Orchestre philharmonique de Berlin (Deutsche Grammophon, 1967, surtout) ont su s’approprier.

Une intense Symphonie n°6

Rouvali, qui n’a pas peur de prendre des libertés avec la partition, sur les nuances notamment, déroule un véritable poème symphonique – impression renforcée notamment par l’enchaînement des deux derniers mouvements.

Il réinvente une dramaturgie urgente, aux cordes chauffées à blanc, prêtes à toutes les éruptions, aux contrebasses parfois abyssales (Allegro molto moderato initial à partir de 7’21), tout en conférant aux bois du deuxième mouvement une densité perceptible jusque dans le vibrato des flûtes.

L’expérience vire au corps-à-corps avec l’Orchestre de Göteborg dans un Allegro molto final souterrain, très assis, qui ouvre des brèches dans la croûte terrestre. L’œuvre devient ainsi le prolongement épique du finale de la Symphonie n° 5.

 

Un corps sonore en perpétuel mouvement

Cette impression se confirme dans une Symphonie n° 7 sur des charbons ardents, envisagée à nouveau comme un corps musical en perpétuelle mutation, une fantaisie au caractère improvisé. Même le trombone, bien cuivré et vibré, peine à s’extraire de la lave des cordes, qui occupent sans répit le spectre sonore, tandis que les passages scherzando n’ont pas plus d’ailes que ceux de la Sixième.

La prise de son, enveloppante, fait fondre la glace d’une musique soudainement transpirante, qui, pour solliciter souvent le texte, n’en propose pas moins un véritable parti pris. Dans la sélection de la musique de scène de La Tempête proposée en complément, manque l’extrait qu’on eût tant aimé entendre sous cette baguette de feu : le maelström atonal du « Prélude ».

Dans cette intégrale, Rouvali impose une voix singulière dans la discographie sibélienne. Loin des interprétations glacées ou retenues, il choisit la chaleur, l’urgence et l’intensité.

Informations pratiques

  • Compositeur : Jean Sibelius (1865-1957)
  • Album : Sibelius: Symphonies Nos. 6 & 7, The Tempest
  • Œuvres : Symphonies n° 6 et n°7. La Tempête.
  • Interprètes : Orchestre symphonique de Göteborg, Santtu-Matias Rouvali (direction)
  • Label : Alpha Classics 1130 (1 CD)
  • Années d’enregistrement : 2022-2024
  • Durée : 1 h 06 min

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