L’historien Grégoire Ayala consacre une biographie au « Cygne de Pesaro » qui invite le mélomane à constater la perpétuelle « rénovation de ses modes d’expression » et à rencontrer un « Rossini tragique, pionnier du drame romantique ».

Comme le rappelle notre dossier du mois, Rossini (1792-1868), célèbre pour deux ou trois opéras joués à travers le monde, reste méconnu et victime d’idées reçues (paresseux, insouciant, désinvolte). Sa bibliographie française attendait un ouvrage qui fasse le point sur les connaissances actuelles et permette de suivre à la trace le parcours du compositeur né en Italie et mort en France. Historien, Grégoire Ayala propose une synthèse scrupuleuse des travaux entrepris depuis le xixe siècle, enrichie de consultations d’archives, accessibles ou non en français (correspondance, presse), qui rend le portrait aussi vivant que vraisemblable.

Dans un récit chronologique, ces quelque quatre cents pages inscrivent Rossini dans son temps et s’attachent à en cerner la « figure polyédrique », sans négliger les « côtés obscurs de sa personnalité d’apparence joviale ». Le contexte de composition et la création de chacun des trente-neuf opéras font l’objet d’une présentation précise mais pas d’un commentaire musical : ce n’est pas l’objet de l’auteur. Les considérations esthétiques ne sont cependant pas évitées et appréhendent la place du compositeur « le plus populaire d’Europe » fidèle à ses principes de « bello ideale», bientôt submergé par « la vague romantique » qui préfère « la sensibilité exacerbée et le triomphe de l’excès au préjudice des choses de la raison. »

Des premiers succès vénitiens à la (semi) retraite parisienne (rue de la Chaussée d’Antin et Passy), Grégoire Ayala mène le lecteur dans les pas de son héros dont il finit par ne rien ignorer, des problèmes de santé (maladies sexuellement transmissibles, surpoids) à la riche vie sociale en passant par les questions métaphysiques. Rossini de A à Z.

Pour plus d’informations

Rossini à la lettre
Grégoire Ayala

Éditions Premières Loges
444 P., 25 €

À retrouver sur le site de L’Avant-Scène Opéra.