Invité par le Petit Palais dans le cadre de ses concerts Arts et Musique, le pianiste Robin Le Garsmeur confirme son talent d’interprète expressif et marque par son humilité.

Sur la scène de l’auditorium du musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Robin Le Garsmeur, étudiant en cycle concertiste au CRR de Paris, livre une interprétation profonde et sensible d’un programme consacré à Liszt, en lien avec des œuvres de la collection du musée. Le récital s’ouvre sur le Sonnet de Pétrarque n°104 extrait de la deuxième des Années de Pèlerinage, interprété avec une souplesse et un naturel remarquables qui magnifient naturellement une ligne mélodique sobre, sans pour autant masquer la thématique torturée de la pièce.

Robin le Garsmeur ©CRR de Paris

Crédit photo : CRR de Paris

Même coup d’éclat dans Après une lecture du Dante (Fantasia quasi Sonata) où Robin Le Garsmeur exploite toute l’expressivité de la partition, donnant un sens à chaque accord dans une proposition pertinente sans cesse développée. La main droite manque parfois de puissance, mais on retrouve avec plaisir les accords rappelant La Chapelle de Guillaume Tell, première pièce des Années de Pèlerinage, que le jeune pianiste évoque avec nostalgie en affirmant le caractère intimiste de son interprétation.

L’exécution de la Sonate en si mineur est tout aussi réussie. Les passages énergiques comme la fugue nécessiteraient davantage de clarté, mais les nuances piano sont admirables, tout comme la gestion des silences suspensifs. Robin Le Garsmeur excelle dans l’évocation d’une intériorité complexe et se fait maître de la pudeur, sans jamais donner dans l’exagération ni dans le tapage.

Rendez-vous musical et humain

Naviguant entre un corps à corps avec le clavier et un détachement vis-à-vis de la partition, le pianiste fait montre d’une insouciance juvénile sans jamais manquer de rigueur pour une dualité fructueuse. Si son entrée sur scène laisse paraître une certaine nervosité, elle disparaît dès la première note. L’artiste donne alors l’impression tantôt de jouer avec la partition en la découvrant, tantôt de se lancer dans une joyeuse lutte amicale mais toujours avec une grande humilité. Loin de l’esbroufe et de la provocation, Robin Le Garsmeur dévoile personnage attachant d’un pianiste que l’on prendra plaisir à retrouver.

Robin le Garsmeur