Cent ans après sa mort, Puccini triomphe à nouveau. La Scala de Milan a présenté son opéra La rondine dirigé par Riccardo Chailly, dans une mise en scène d’Irina Brook pour une soirée tout aussi éblouissante que surprenante. 

La Rondine ©Teatro alla Scala

Crédit photos : Teatro alla Scala

Dans le cadre du centenaire de la mort de Puccini, c’était sans doute l’événement le plus attendu à La Scala. Sans la distribution médiatiquement fracassante de Turandot au programme en juin (Anna Netrebko aux côtés de Yusif Eyvazov ou de Roberto Alagna), La rondine a ébloui. Un titre savamment choisi, défendu par des artistes que la baguette de Riccardo Chailly a su porter aux nues.

Le début n’a pas été pourtant des plus rassurants. Irina Brook qui a signé la mise en scène choisit l’option (déjà vue, trop souvent vue) du théâtre dans le théâtre. Une troupe répète sous les regards d’une présupposée assistante de la metteuse en scène. On se prépare au pire mais c’est finalement le meilleur qui arrive : un acte II éblouissant plein de couleurs évoquant l’ambiance d’un Paris festif, et un acte III plus intime, presque impressionniste. Dans la scène finale très poétique, Magda, « la rondine », quitte Ruggero, ses rêves d’une vie respectable et, au même temps, la scène du théâtre en se dirigeant vers la sortie. Les trajectoires de la jeune grisette en quête d’amour et de la comédienne qui se produit devant son public se superposent à la fin.

La Rondine ©Teatro alla Scala
Sur scène et en fosse, une question de perfection

La distribution vocale est équilibrée, surprenante, voire éblouissante. Mariangela Sicilia est, dans le rôle-titre, impressionnante par la justesse du style, par la beauté du timbre, par son legato et par ses moyens techniques : son diminuendo dans les aigus est d’une parfaite maîtrise. Elle occupe la scène avec une aisance rare : elle joue aussi bien qu’elle chante, ce qui est une qualité essentielle pour une œuvre complexe, proche de l’opérette viennoise et de l’opéra-comique français. La soprano est entourée de deux ténors parfaits : Matteo Lippi (Ruggero) et Giovanni Sala (Prunier), l’un excellent dans le registre pathétique et l’autre comique. La servante Lisette est incarnée à la perfection par Rosalia Cid. Pietro Spagnoli (Rambaldo) confirme ses doubles talents d’acteur-chanteur.

Encore une fois, le chœur, préparé par Alberto Malazzi, est un outil sans failles. L’orchestre de La Scala est tout simplement en état de grâce. Riccardo Chailly sait le sublimer pour rendre une palette de couleurs orchestrales très variées. Servi par ces artistes, Puccini dévoile pleinement sa stature et il se révèle pour ce qu’il est : l’un des plus grands du XXe siècle.

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