Pleins feux sur la jeunesse à Prades

Par |Published On: 7 août 2024|

Au festival Pablo Casals de Prades, les concerts « Jeunes talents & friends » présentent un défilé d’ensembles de chambre, composés de jeunes musiciens de l’académie et d’artistes confirmés.

Festival Pablo Casals, Prades © SDP

Dans l’église de Catllar.
Crédit photo : SDP

À 11h du matin, la chaleur de plomb remplace déjà la fraîcheur dans les vieilles églises de la plaine de la Têt. Les tenues légères du public contrastent avec celles, sombres et épaisses, des jeunes musiciens venus interpréter leur programme pour ce premier concert « Jeunes talents & friends » du festival. Ils participaient la veille au grandiose mais éprouvant concert d’ouverture et les voilà de nouveau prêts à ravir le public, dans le cadre plus intimiste de l’église de Catllar.

C’est par le Duo pour violon et alto n°1 de Mozart que s’ouvre le bal. L’élégance stoïque de Gatien Leray fait ressortir la joyeuse vivacité du violon de Samuel Hirsch, dans un dialogue vivant et respectueux de l’essence mozartienne – une fois n’est pas coutume, lorsque l’on pense à l’excès de zèle fréquemment déployé sur les pages du compositeur, chassant le naturel. Vient ensuite le Quintette pour cor et cordes, toujours de Mozart. Au cor, Zoya Catta conduit héroïquement l’ensemble et nous enchante par une sonorité impériale. La difficulté avec laquelle le quintette affronte le dernier mouvement est à mettre uniquement sur le compte de la chaleur redoutable, mais on regrette le manque d’engagement d’un violon encore trop cantonné au mimétisme et pas assez dans la proposition.

Enfin, vient le Septuor pour clarinette, basson, cor, violon, alto, violoncelle et contrebasse de Franz Berwald. La clarinettiste Arianna Pizzi, au son chaud, velouté et d’une précision remarquable, et le violoncelliste Cyprien Lengagne, prenant à bras-le-corps ses quelques lignes solistes, apportent seuls relief et vigueur à une interprétation manquant d’intention et de direction.

Le lendemain, dans l’église romane de Ria, petit village aux tons chauds couché sur une colline, on retrouve Samuel Hirsch et Gatien Leray accompagnés de Cyprien Lengagne dans le Trio à cordes n°2 de Beethoven. L’exécution offre quelques instants de suspension. Toutefois, le jeu de Samuel Hirsch est d’une telle fougue qu’il en devient bruyant, précipité et, en somme, vraiment dérangeant. C’est une telle cavalcade ! Les dialogues entre les instruments s’en trouvent brouillés, le texte peu clair et les coups de pieds assénés sur la pédale de la tablette numérique, nouveau support de partitions à la mode, achèvent de déconcentrer l’auditeur. C’est bien dommage, car Samuel Hirsch dispose d’un talent certain, qu’il convient néanmoins de discipliner pour que puisse progresser ce très récent trio.

Le Quintette à cordes de Bruckner signe le retour de la maîtrise et de l’équilibre. L’œuvre, rarement jouée et d’une grande poésie, offre à Gatien Leray l’occasion de briller dans quelques lignes vibrantes d’émotion, et au premier violon Toma Bervetsky de s’illustrer par son lyrisme très convaincant. Le quintette sonne admirablement bien et les musiciens, notamment grâce à une symbiose parfaite que l’on remarque dans la précision des attaques, instaurent un agréable sentiment de liberté.

Pour plus d’informations

Festival de Prades, les 29 et 30 juillet.