Pétillante Ariane à Rouen

Par |Published On: 21 novembre 2024|

À Rouen, Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil modernisent Ariane à Naxos tandis qu’en fosse, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie pétille.

Ariane à Naxos, Rouen ©Julien Benhamou

Crédit photo : Julien Benhamou

Le duo formé par Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, regroupés sous l’intitulé Le Lab, intègre les atouts technologiques sans se laisser déborder. L’usage de la vidéo est, dans cette production, brillant. Elle offre les coulisses d’Ariane à Naxos, modernisant, sans y rien changer, ce théâtre dans le théâtre qui fait tout le sel de l’œuvre. Coulisses, d’ailleurs, est utilisé dans tous les sens du terme. Le décor donne ainsi à voir la rainure le long de laquelle glissent les châssis sur une scène de théâtre (définition du Dictionnaire de l’Académie en 1694), mais aussi les dessous et les secrets d’une action, au sens contemporain. Un écran superposé à la scène montre une immense table nobiliaire où le mécène et ses sbires prennent du plaisir, donnant par téléphone ordres et contrordres aux comédiens, aux chanteurs et au compositeur.

La mezzo Paula Murrihy a les ardeurs, sinon le timbre, du rôle. Disputes, agitation, émois : personne ne faillit. On remarque ainsi l’allant de Grégoire Mour en maître de ballet et les tourments de David Shipley en Truffaldin. Caroline Wettergreen ne fait qu’une bouchée de la périlleuse partie de Zerbinetta, prenant un visible plaisir à caracoler dans les aigus. La deuxième partie du spectacle, ridiculisant un opera seria ici finement mis en abyme, laisse vocalement plus circonspect. John Findon n’est guère à l’aise en Bacchus, et l’Ariane de Sally Matthews reste bien trop en surface de la nostalgie straussienne. Mais en fosse, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie pétille, tant par la finesse de ses pupitres (cuivres émérites) que par la dynamique d’ensemble magistralement portée par Ben Glassberg.

Pour plus d’informations

Rouen, Théâtre des Arts, 15 novembre.