À l’Opéra royal de Wallonie, pour Pelléas et Mélisande de Debussy, seuls les barytons Lionel Lhote et Simon Keenlyside atteignent des sommets d’expressivité, dans une mise en scène organique impressionnante mais moyennement convaincante.

Debussy ©-J-Berger_ORW-Liege-scaled

Crédit photos : J. Berger-ORW-Liège

L’Opéra royal de Wallonie a fort bien fait d’offrir Pelléas à Lionel Lhote, car le baryton belge possède l’exacte voix du rôle et l’interprète avec une aisance souveraine. Dans cette nouvelle production liégeoise du chef-d’œuvre scénique de Debussy, on ne voit guère que Simon Keenlyside qui se situe sur les mêmes sommets, français excellent et déclamation toujours expressive. Autour d’eux, hélas, la Mélisande de Nina Minasyan n’est guère que jolie, jamais troublante, et l’Arkel d’Inho Jeong est inintelligible. Peut-être en méforme, Marion Lebègue passe à côté de Geneviève, Judith Fa offrant un Yniold peu audible. La faute en incombe en partie à Pierre Dumoussaud : s’il tire le meilleur de l’orchestre de l’ORW et exalte les merveilles de la partition, c’est hélas au détriment de l’équilibre sonore avec le plateau, les voix étant souvent couvertes, hormis celles des deux demi-frères.

Servantes voilées et nymphes vestales

La mise en scène signée Barbe & Doucet veut rendre hommage au symbolisme pictural, avec une référence peu flagrante à L’Île des morts de Böcklin (hormis une Fontaine des Aveugles présente tout au long de la représentation). Et surtout six servantes voilées, nymphes vestales récurrentes, qui conduisent des victimes à un inquiétant personnage qui se révèle finalement être le médecin, dans un décor de racines tombant d’arbres suspendus ou, pour la scène de la tour, d’une statue offrant comme un gros plan sur Mélisande. À noter que celle-ci, dans sa robe à tournure, a des cheveux « plus longs que ses bras ».

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