Pour fêter le bicentenaire de la Symphonie n° 9 de Beethoven (Vienne,1824) avec le public de l’Opéra Berlioz, l’Orchestre national de Montpellier Occitanie ne lésine pas sur les moyens.

Ode à la joie ©Opéra Orchestre National Montpellier

Crédit photo : Opéra Orchestre National Montpellier 

À la phalange se joignent trois chœurs d’opéra (Montpellier, Toulouse, Toulon) pour entonner la célèbre ode An die Freude de Schiller. Et Michael Schønwandt reprend la baguette de l’OONM, tenue de 2015 à 2023. Si l’interprétation demeure classique, les forces s’harmonisent pour créer une arche musicale qui diffuse la puissance universelle du projet beethovénien. Le chef insuffle tant la dualité de l’Allegro ma non troppo que l’esthétique cantabile des ornementations de l’Adagio central. Toutefois, c’est le travail de rythmicien qui sonne avec le plus de relief, du fameux rebond beethovénien qui irrigue le mouvement initial, jusqu’à l’intrépidité des timbales dans le Scherzo. Quand ce travail ne se fait pas encore plus éloquent dans les ruptures de la fresque finale. En dépit de quelques incertitudes, le déploiement graduel de l’Ode – vocale avec la basse Edward Grint, puis orchestrale et chorale – s’y affirme dans les tempos précis de chacune d’entre elles, notamment celui militaire de la marche alla turca.

Le miracle viennois se reproduirait-il lorsque la jeune génération de chanteuses françaises – Angélique Boudeville et Marion Lebègue – quasi aussi juvéniles que les créatrices (Henriette Sontag et Caroline Unger), contribuent à la fraîcheur du quatuor vocal ? Toutefois, l’émotion surgit à l’entrée du chœur dont l’opulence et l’engagement galvanisent l’ensemble. Les écluses sonores sont lâchées dans le vaisseau de la salle Berlioz pour porter le message de joie, fraternité et paix jusqu’au fugato tourbillonnant. Cette symbiose fait sens pour le public qui ovationne le plateau. Ce 9 février 2024, l’hymne pourrait aussi être un hommage à Robert Badinter qui a œuvré pour la dignité humaine.

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