Musique absolue à la Biennale de Venise

Par |Published On: 15 octobre 2024|

À la Biennale de Venise se distinguent cette année le pianiste Bertrand Chamayou, les compositrices Rebecca Saunders et Unsuk Chin et feu le compositeur électroacoustique Bernard Parmegiani.

Biennale de Venise 2024 AVZ- Gérard Grisey ©SDP

Le Noir de l’étoile pour six percussionnistes de Gérard Grisey. Crédit photo : SDP

Pour sa dernière année à la direction artistique de la Biennale de Venise, la compositrice Lucia Ronchetti a placé sa programmation sous le thème de « la musique absolue ». Vendredi 27 septembre au Palazzo Giustinian, Bertrand Chamayou se montre souverain dans le répertoire contemporain qu’il défend avec passion. L’ample Fantaisie en création mondiale du jeune compositeur Miles Walter, issu du collège de musique de la Biennale, s’étire en trois parties qui sont autant de variations sur la forme sonate évoquant le jeune Messiaen. Les canons virtuoses de Shadowlines de Georges Benjamin se déploient dans la sensualité sonore propre au jeu de Chamayou qui fait merveille dans les polyrythmies et mouvements mélodiques des Études pour piano d’Unsuk Chin. Au Teatro alle Tese, l’Ensemble This ensemble That fait résonner le raffiné dialogue de percussions spatialisées du Noir de l’étoile de Grisey.

Samedi 28 septembre

La jeune compositrice iranienne Golfam Khayam donne un intense récital à la guitare acoustique dans la Bibliothèque Marciana, associant avec finesse des sources musicales persanes à des improvisation et ornements issus de la renaissance et du baroque. Au Théâtre Piccolo, Sonic ritual, de la jeune compositrice originaire de Hong Kong Alice Hoi-Ching-Yeung, venue du collège de musique de la Biennale, est une pièce arachnéenne pour percussions explorant les ramifications entre sons et mouvements. Une polyphonie complexe prend forme dans Skull de Rebecca Sanders, lauréate du lion d’or de la Biennale, interprété par l’Ensemble Moderne, récipiendaire du lion d’argent, qui propulse avec éclat cette succession de fragments rebondissant de l’un à l’autre.

Dimanche 29 septembre

Tyshawn Sorey improvise au piano au Théâtre des Soppalchi, inventant un paysage jazz aux variations d’intensités très élaborées. Last but not least, la Biennale présente à l’Arsenal des pièces électro-acoustiques. Bohor de Iannis Xenakis est une masse sonore explorant de l’intérieur le tintement d’une cloche. Chef-d ‘œuvre de Bernard Parmegiani, De natura sonorum envoute par un fascinant continuum électro-acoustique de cinquante-trois minutes proliférant par de luxuriantes strates sonores en constantes métamorphoses. En création mondiale, Alvin Curran, vaillant compositeur américain de 85 ans, présente Footnotes 1.3, pièce pour disklavier – piano mécanique – jouant de manière iconoclaste avec des boucles contrapuntiques qui se disloquent pour mieux se reformer dans une virtuosité ludique.

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