Directeur général du Théâtre des Champs-Élysées depuis 2010, Michel Franck présente sa dernière saison.

Michel Franck © Cyprien Tollet : Théâtre des Champs-Elysées

Crédit photo : Cyprien Tollet/Théâtre des Champs-Elysées

La brochure de votre quinzième et dernière saison au Théâtre des Champs-Élysées (TCE) vient d’être dévoilée. L’avez-vous réalisée avec une émotion particulière ?

Pas davantage que les autres ! Je ne souhaitais pas entamer de quatrième mandat. Je ne suis plus tout jeune et désire prendre du temps pour moi. Il en va aussi de l’intérêt du théâtre qui ne doit pas construire son avenir dans la routine.

Comment avez-vous dessiné la programmation ?

J’ai voulu dresser des passerelles avec les moments forts des quinze années passées. J’ai entamé mon premier mandat avec la Passion de Dusapin par Sasha Waltz. On la retrouvera dans une Passion selon saint Jean dirigée par Leonardo García Alarcón. Le Chevalier à la Rose, l’un de mes opéras favoris, sera mis en scène par Krzysztof Warlikowski…

Vous présentez la production des Dialogues des Carmélites par Olivier Py pour la troisième fois !

Elle a été encensée par le public et la critique, remporté de nombreux prix, tourné partout en France et dans le monde.

Combien de temps gardez-vous les décors après une nouvelle production ?

Cinq ou six ans. Nous n’avons évidemment pas les capacités de stockage de l’Opéra Garnier, ce n’est pas notre vocation car nous ne sommes pas un opéra de répertoire. En revanche, nos productions tournent dans le monde, c’est une façon de les faire durer. Par ailleurs, elles sont désormais coproduites. C’est une nécessité écologique et financière qui accompagne le développement du volet lyrique au TCE : au début des années 2000, le théâtre programmait deux ou trois opéras par saison, il y en a désormais cinq ou six.

Qu’est-ce qui a motivé ce tournant ?

Lors de sa nomination à Vienne en 2007, Dominique Meyer a milité en faveur de l’opéra pour le théâtre qu’il allait quitter. C’était notre seule chance de survie face aux moyens qu’auraient Pleyel (en pleine réouverture) et la Philharmonie qui se profilait. Je suis arrivé avec ce cadeau d’un budget qui me permettait de monter cinq productions par an.

Quelle est la spécificité du TCE ?

C’est à la fois une salle de concert et d’opéra. Nous laissons également la place à des producteurs qui louent la salle : Les Grandes voix, Jeanine Roze Production, les productions Sarfati… Il faut accorder cette grande diversité d’acteurs et de répertoire en opérant un savant dosage en matière de planning et de budget. La maison tourne avec une petite centaine de salariés permanents. Les collaborateurs sont très fidèles, certains nous accompagnent depuis trente ans ! Je suis particulièrement fier d’avoir réussi à créer un cercle de mécènes, d’avoir fait évoluer notre accord d’entreprise pour créer un accord audiovisuel et un autre concernant le salariat des ouvreuses.

Quels sont vos projets à venir ?

Je ne souhaite pas diriger d’autre maison d’opéra : il n’en existe pas de plus belle que le TCE. J’ai bien sûr des idées en tête, mais vous le saurez assez tôt !

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