10 œuvres pour découvrir Marc-Antoine Charpentier
Par |
De l’église à la scène, des mystères de Noël aux malheurs d’Orphée en passant par les éclats de rire de Molière, Charpentier a su plier son inépuisable imagination aux contraintes les plus diverses. Voici, en dix titres, un parcours pour découvrir un compositeur majeur du Grand Siècle.
1. Te Deum, H.146 : Prélude
L’œuvre la plus connue de Charpentier, même des moins mélomanes. Son prélude, fastueux et solennel, dans lequel résonnent les trompettes et les timbales, a été le générique de l’Eurovision dès 1953. Cette musique, conçue pour les victoires militaires, annonce désormais le triomphe de jeunes chanteurs grâce à Louis Martini (1912-2000) qui l’enregistra avec les Concerts Pasdeloup et la chorale des Jeunesses musicales de France.
- Version recommandée : Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction) / Archiv Produktion (2003)
2. Médée, H.491 : « Quel prix de mon amour ! »
Dans son unique opéra, Charpentier fait montre d’un aigu sens du drame et d’une capacité à restituer la profondeur psychologique de ses personnages. Le portrait de Médée, épouse trompée, devenue mère meurtrière, est saisissant. Dans cet air, elle comprend que Jason lui sera infidèle.
- Version recommandée : Lorraine Hunt (Médée), Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Erato (1994)
3. David et Jonathas, H.490 : « Ciel ! Quel triste combat en ces lieux me rappelle ? »
Dans cette tragédie biblique, écrite pour le collège jésuite de Clermont, frémit la même sensibilité dramatique que dans Médée, mais dans un registre plus intime. Et à l’amour succède une sensible amitié entre les deux rôles-titres, un théâtre fondé sur la loyauté et la séparation.
- Version recommandée : Gérard Lesne (David), Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Harmonia Mundi (1988)
4. Messe de minuit pour Noël, H.9 : « Kyrie eleison »
Cette messe, d’un charme lyrique incomparable et d’une grande ferveur, intègre des airs de noëls populaires français. Le premier Kyrie cite ainsi la mélodie Joseph est bien marié, que d’autres compositeurs ont également choisie pour des noëls à l’orgue.
- Version recommandée : Monteverdi Choir, The English Baroque Soloists, Christophe Rousset (direction) / Soli Deo Gloria (2024)
5 . Leçons de Ténèbres du Jeudi Saint, H.120 : « Jerusalem Convertere »
Ces pages composées pour la Semaine Sainte révèlent un style plus austère, mais pas moins expressif de Charpentier. Accompagnée d’un effectif instrumental réduit, la voix porte le message biblique avec une grande sobriété.
- Version recommandée : Jacques Bona (basse), Il Seminario Musicale, Gérard Lesne (direction) / Virgin Classics (1993)
6. Les Arts florissants, H.487 : « Que mes divins concerts »
Avant d’être le nom de l’ensemble vocal et instrumental fondé par William Christie, Les Arts florissants désignait une « idylle en musique ». Cet opéra de chambre met en scène des figures allégoriques comme La Musique, La Poésie, La Peinture, L’Architecture, La Paix et La Discorde et célèbre les bienfaits de la paix et des arts.
- Version recommandée : Agnès Mellon (La Musique), Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Harmonia Mundi (1981)
7. Messe à quatre chœurs, H.4 : Gloria
Le jeune Charpentier, influencé par son séjour romain et la polychoralité italienne, confie à cette messe une ampleur singulière. Comme son titre l’indique, elle requiert quatre chœurs disposés en croix qui enveloppent les fidèles. Une expérience immersive avant l’heure.
- Version recommandée : Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé (direction) / Harmonia Mundi (2019)
8. Le Malade imaginaire, H.495 : « Quelle impertinente harmonie ! » (Premier intermède)
Charpentier savait aussi s’amuser et prêter son imagination au théâtre de Molière. Fâché avec Lully, le dramaturge trouva en Charpentier un joyeux compagnon, jamais avare d’effets et d’éclats.
- Version recommandée : Alain Trétout (Polichinelle), Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Harmonia Mundi (1990)
9. Missa Assumpta est Maria, H.11 : Agnus Dei
La dernière des onze messes de Charpentier, composée à la fin de sa vie, est aussi la plus complexe, mais certainement pas la plus aride ni la moins contemplative. Il suffit d’écouter avec quelle tendresse le compositeur met en musique le texte latin pour s’en convaincre.
- Version recommandée : Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Harmonia Mundi (1988)
10. La Descente d’Orphée aux enfers, H.488 : « Eurydice n’est plus »
Charpentier s’empare du mythe d’Orphée pour le confier à un opéra miniature. Dans cet extrait, Orphée fait face à Proserpine et Pluton et leur confie que « Le jour m’est odieux sans la nymphe que j’aime ». À nouveau, Charpentier fait montre d’un art du portrait exceptionnel.
- Version recommandée : Robert Getchell (Orphée), Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé (direction) / Harmonia Mundi (2016)
Pour aller plus loin
Inscrivez-vous à notre newsletter
Vous avez apprecié cet article ?
Chaque vendredi à 13h, recevez une sélection exigeante d’analyses et de recommandations autour de la musique classique.





