L’ouverture quatre étoiles du festival ClassiCahors
À Cahors, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse donne le coup d’envoi de la neuvième édition du festival. Une soirée enthousiasmante qui place le festival sous les meilleurs auspices.

Crédit photo : Antoine Sibelle
Le concert d’ouverture du festival ClassiCahors affiche complet. La salle culturelle La Prade accueille l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, fidèle de la première heure d’un festival qui propose chaque année une programmation d’exception. Cette année, le chef allemand Jesko Sirvend, 37 ans, fait ses premiers pas avec la brillante formation toulousaine, collaboration qui apporte un vent de fraîcheur tout en préservant l’identité unique de l’orchestre.
La soirée débute par l’ouverture du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn. Aux premiers accords cristallins à la superposition délicieusement décalée, suit une prise à bras-le-corps de la partition du compositeur allemand. Jesko Sirvend insuffle une énergie admirable à force d’accents et de précision et, surpassant l’obstacle d’une acoustique sèche, donne à l’ouverture toute l’expressivité que l’on attend dans les pages de Mendelssohn. L’orchestre enchaîne avec son Concerto pour violon interprété par Jaewon Kim. La super-soliste de l’Orchestre du Capitole, soliste fidèle de l’Orchestre Philharmonique d’Oslo, puise dans l’âme de son violon une émotion profonde, en symbiose avec l’orchestre et séduit par une sonorité remarquable. Mais, d’une partition à la fois espiègle et languissante, Jeawon Kim ne révèle pas assez la passion et la fougue : parfaitement convaincante dans l’Andante, qui nous emporte ailleurs, elle manque de présence et de force dans l’Allegro molto appassionato et l’Allegretto non troppo. Un excès de douceur qu’elle met en revanche à profit dans son bis, le deuxième mouvement du Duo pour violon et alto KV. 424 de Mozart, exécuté avec la complicité de Samuel Joly.
En seconde partie, la Huitième Symphonie de Beethoven offre un plaisir aussi bien auditif que visuel. Jesko Sirvend décuple les reliefs de chaque mouvement et accentue les contrastes dans une gestuelle légère et large. Se prêtant au jeu, le Capitole donne à entendre de superbes piano subito et ne faiblit jamais. Seul le bis montre une petite harmonie éprouvée par les détachés redoutables du Scherzo du Songe d’une nuit d’été, mais largement récompensée par des applaudissements nourris qui concluent la soirée.