Relater en moins de deux cents pages plus de quatre siècles d’histoire de l’opéra, la gageure n’est pas mince, et c’est un défi que Jérôme Fronty relève haut la main.

Actuellement à la tête du service pédagogique de la BnF, l’auteur a été initié à l’opéra il y a une trentaine d’années ; son livre, destiné au néophyte aussi bien qu’au « curieux confirmé », se présente comme le guide qu’il regrette de ne pas avoir eu alors. Le récit est mené d’une plume alerte, « sans nous soucier de plaire ou d’irriter », formule qui concerne le traitement réservé à Wagner mais que l’on pourrait appliquer à l’ensemble du volume.

L’ouvrage n’est pas exempt de partis pris, notamment à l’encontre de l’opéra français : Rameau est évoqué sans grand enthousiasme malgré une référence à ses « grâces inventives et raffinées », et Meyerbeer est vite enterré avec l’argument spécieux qu’à sa « relative démonétisation il doit y avoir des raisons », ce qui revient aussi à nier son réel retour sur les scènes depuis quelque temps. Le tableau répertoriant cent trente-cinq « compositeurs d’opéra pour le début du millénaire » est un luxe inattendu dans un tel précis. Et si l’on salue le concentré d’érudition, force est aussi de relever un grand nombre de coquilles regrettables, notamment sur des termes étrangers (« lieto fino », « spechtgesang »…), et quantité de menues erreurs factuelles sur le contenu des livrets (Khovanchtchina, épisode « contemporain » par opposition au sujet « historique » de Boris ?).

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