Elle sort de l’oubli depuis quelques années, mais elle fut de son vivant « omniprésente dans la presse à partir de la fin des années 1870 », comme le rappelle Hélène Cao. Anglo-irlandaise, naturalisée française en 1873, Augusta Holmès (1847-1903), douée pour la musique comme la peinture et l’écriture (elle écrira les livrets de ses opéras, comme son cher Wagner), bravera toutes les conventions de son temps pour affirmer une personnalité hors du commun. Pianiste, disciple de Franck, elle signe ses premières compositions du nom d’Hermann Zenta avant de dévoiler son identité et d’entreprendre des projets musicaux d’une envergure « masculine ».

Aux mélodies et autres formes brèves auxquelles sont assignées les (rares) compositrices, Holmès préfère l’opéra, le poème symphonique, les pages puissantes qui exaltent le sentiment national (l’Ode triomphale à la gloire de la République), la démesure berliozienne nourrie d’antiquité. Elle « aime l’éclat et les démonstrations de force qui plaisent au public ». Grâce à une consultation méticuleuse des journaux de l’époque, Hélène Cao donne vie à son héroïne, du relief à son caractère entier et son physique solide, de la vigueur à cette femme hors norme qui resta célibataire mais partagea dix-sept ans l’existence de Catulle Mendès avec qui elle eut cinq enfants

Augusta Holmès, la nouvelle Orphée
Hélène Cao
Actes Sud / Palazzetto Bru Zane. 336 pages

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