Pour sa quarantième édition, le Festival Printemps des Arts de Monte-Carlo célèbre notre mère nourricière.

Bruno Mantovani ©Blandine Soulage

Bruno Mantovani. Crédit photo : Blandine Soulage

Sous l’intitulé « Chants de la terre », la quarantième édition du Printemps des Arts de Monte-Carlo interroge le rapport de l’homme à la nature. Bruno Mantovani clôt par ce troisième opus le cycle « Ma fin est mon commencement » qu’il avait imaginé lors de ses débuts de directeur artistique du festival, en 2022. Sa programmation pensée et construite sur mesure embrasse six siècles de musique, tissant des liens et jetant des ponts parfois géants entre les époques, les œuvres, le passé et le présent. Ainsi Ockeghem et Berio, ou encore Bach et Britten sont mis en miroir.

« J’ai conçu ce cycle comme une seule et même édition. J’en ai gardé les principales lignes directrices, dont l’exploration des évolutions stylistiques des compositeurs afin de rapprocher leurs œuvres premières, souvent rarement jouées, et celles écrites à la fin de leur vie. Cette année, nous nous tournons vers Schubert, Mozart et Richard Strauss dont la première œuvre symphonique Aus Italien côtoiera les Quatre Derniers Lieder », nous confie Bruno Mantovani. Bâtis en boucle, deux requiem datant du xve siècle, dont celui de Johannes Ockeghem, l’un des plus anciens passés à la postérité, ouvrent et referment cette édition.

De la Terre au ciel et du ciel à la Terre, partant de cet angle symbolisant le perpétuel renouveau, la thématique choisie cette année, en référence à l’ouvrage de Gustav Mahler (dont l’original et une version de chambre seront donnés, ainsi qu’une proposition du compositeur Laurent Cuniot en création mondiale), irrigue la programmation sous de nombreuses expressions, renouant avec la dimension plurielle du festival : « J’ai voulu que l’ouïe, mais aussi la vue, le goût et même l’odorat, tous les sens qui relient l’homme aux choses terrestres soient sollicités dans ces rencontres de la musique et des arts visuels, de la gastronomie, et – nouveauté – de l’art du parfum sous forme d’une création exclusive pour le festival. »

Au programme

Des expériences participatives sont proposées au public qui pourra s’initier à la danse de la Renaissance… et même dormir lors d’une sieste musicale accompagnée par les sons du compositeur Fabrice Jünger. Plusieurs créations mondiales dont, en grande partie, des commandes du festival ponctuent les quatre semaines de la manifestation. Le point d’orgue sera l’opéra de chambre de Sophie Lacaze (commande de l’État), d’après une légende aborigène L’Étoffe inépuisable du rêve dirigé par Bruno Mantovani à la tête de l’Ensemble Orchestral Contemporain. « Un autre élément structurant de ma programmation est le “portrait”, sous forme de cartes blanches données à trois artistes et formations : Henri Demarquette, le Quatuor Modigliani et l’Insula orchestra de Laurence Equilbey ». Cecilia Bartoli et John Malkovich apporteront une note terminale originale se livrant à une joute qui ne devrait pas manquer de sel.

Cette édition investira de nouveaux lieux de la principauté monégasque, et fera également entendre l’orgue de l’église du Sacré-Cœur. Comme chaque année, tables rondes, conférences, masterclasses, before et after permettront au public d’aller au plus près des musiciens et des œuvres programmées. Point de célébration particulière pour cette quarantième année si ce n’est l’émission dédiée d’un timbre-poste monégasque. Que rajouter à cette programmation, feu d’artifice musical et sensoriel ?

Pour plus d’informations

Du 13 mars au 7 avril

Printemps des Arts
de Monte-Carlo

Le site du Festival Printemps des Arts de Monte-Carlo