Tel jadis Jérôme Savary, Olivier Py sait, quand il le faut, mettre son impertinence dans sa poche. Par exemple pour offrir au public suisse un divertissement qui comble ses attentes.

Crédit photos : Jean-Guy Python

L’Orphée aux enfers présenté pour les fêtes à l’Opéra de Lausanne (et que l’on pourra voir à Tours et à Toulouse dans les saisons à venir) est son premier Offenbach comique, mais c’est d’un Py très sage qu’il s’agit, loin de la noirceur et de l’érotisme sulfureux de ses Contes d’Hoffmann genevois en 2001. Après un premier acte très réussi, la suite reste amusante mais n’offre rien de très neuf : Jupiter en Napoléon III, c’est déjà la lecture que proposait Jean-Louis Martinoty à Garnier en 1988. À l’habituel théâtre dans le théâtre, le décor multiple de Pierre-André Weitz ajoute une référence au Paradis et à l’Enfer du Jardin des délices de Jérôme Bosch.

Musicalement, le mélomane savoure les nombreux emprunts à la version de 1874, notamment les ballets, qu’Arie van Beek dirige d’une baguette allante. Pluton élégant et moqueur, Julien Dran domine ainsi sans peine la distribution, même si Nicolas Cavallier se démène en Jupiter, suspendu dans les airs pour le duo de la Mouche. Alors que le personnage est souvent confié à des voix très légères, Marie Perbost campe une Eurydice pulpeuse, mais on s’étonne que sa diction, d’ordinaire excellente, soit ici peu intelligible. Plein d’aisance, Samy Camps tire le maximum du court rôle d’Orphée, escorté par l’autoritaire Opinion Publique versaillaise de Sophie Pondjiclis.

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