Observations sur le vif pendant le tournage de Résonances, documentaire inédit d’Arte. Temple des beaux-arts, ancien palais royal et miroir du pouvoir, le plus grand musée du monde relate sa prestigieuse histoire musicale.

Le soleil rayonne sur le Louvre en ce début d’octobre, ce qui permet d’oublier quelque peu les rigueurs de la vie masquée lorsque nous pénétrons dans la salle des Caryatides où une équipe de tournage est déjà bien affairée, attentive aux musiciens de l’Ensemble Correspondance. Dirigés par l’enthousiaste Sébastien Daucé, ils interprètent un répertoire baroque pour un documentaire de la série Résonances d’Arte consacré au Louvre. L’objet en est la redécouverte de certains endroits très connus comme lieux de musique en reconstituant le contexte.

« Une grande partie de l’architecture dans laquelle fut donnée toute cette musique a disparu dans l’incendie de 1871 qui détruisit le palais des Tuileries. Il y avait alors la salle des Machines, l’opéra créé par Louis XIV, mais aussi la salle des Cent-Suisses où le Concert Spirituel a fait la plupart de ses concerts. Mais il reste le Louvre en lui-même qui a été longtemps un lieu de création musicale, avec cette salle des Caryatides en particulier », explique Jean-Marc Berns, directeur du marketing d’Harmonia Mundi, label coproducteur du projet qui reprend et élargit ce programme dans un double disque.

Alors que l’Ensemble Correspondances enchaîne les prises d’extraits de l’Ercole amante de Cavalli, du Ballet royal de la nuit, du Ballet de la Reyne et du Ballet des Triomphes d’Antoine Boësset, le défi reste la maîtrise d’une acoustique aujourd’hui bien plus réverbérante qu’au XVIIe siècle où des tentures et des tapis étouffaient le son.

Le Louvre en musiques, le 15 mai à 18 h 40
sur Arte puis arte.tv, « Le Louvre des musiciens »,
un double CD Harmonia Mundi.

Ainsi un clochard chantonnant au loin plus haut sur un parvis du Louvre va mobiliser les techniciens qui recherchent un silence absolu d’où seul doit émaner le lustre musical des splendeurs baroques.

Car il s’agit de rendre un hommage éclatant à cette salle des Caryatides qui, entre le règne d’Henri II et la fin de celui de Louis XIV, a été le théâtre de très nombreux moments mémorables, des concerts privés donnés pour le roi aux événements musicaux prestigieux exécutés pour les grandes solennités de la Cour. La gracieuse interprétation des Gascons, extrait du Ballet de la Merlaison, composé par Louis XIII, constitue un des moments forts de ce tournage intense avec des artistes familiers d’un Grand Siècle où pouvoir et musique faisaient bon ménage.