Le Centre de Musique Baroque de Versailles entre nuages et soleil
Le changement de direction du Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) s’accompagne d’inquiétudes sur l’avenir de cette institution irremplaçable, ambassadrice zélée du patrimoine musical français. La saison prochaine témoigne néanmoins d’une action soutenue, riche en découvertes au concert comme au disque.
Que le CMBV change de directeur, cela n’a rien que de très normal : après sept ans et demi de très bons et loyaux services, Nicolas Bucher s’envole logiquement vers d’autres cieux. Plus inquiétante est en revanche l’annonce d’une réflexion en cours auprès des instances gouvernementales, qui pourrait compromettre l’existence même de l’institution telle qu’on la connaît depuis sa fondation, en 1987.
C’est donc en tant que directrice par intérim que Karine Pellen, actuelle secrétaire générale, succédera provisoirement à Nicolas Bucher, en attendant que les brumes se dissipent.
La saison 2025-2026 : un hommage à Lalande et Du Mont
Pour la saison 2025-2026, au moins, tout semble sur les rails. Le CMBV rendra un important hommage à deux compositeurs : Michel-Richard de Lalande (1657-1726) à l’occasion du tricentenaire de sa disparition, et dont on pourra notamment redécouvrir la pastorale L’Amour fléchi par la constance ; et Henry Du Mont (1610-1684) dont seront publiés les trois derniers volumes de l’édition critique monumentale.
Iconographies Lalande et Du Mont
Une activité toujours soutenue et des rendez-vous prometteurs
Outre les colloques et journées d’études consacrés à divers aspects de la musique française des XVIIe et XVIIIe siècles, outre la construction de six basses de violon qui viendront compléter le parc instrumental, outre les jeudis musicaux de la chapelle royale, on retiendra parmi les grands moments coproduits par le CMBV Cadmus et Hermione et Roland de Lully, dirigés respectivement par Christophe Rousset et Emiliano Gonzalez Toro ; un concert d’œuvres pour double chœur et double orchestre de Marc-Antoine Charpentier ; la Médée de Cherubini avec Marina Rebeka, Julien Chauvin étant à la tête du Concert de la Loge.
Parmi les publications, aux côtés des partitions en version papier ou numérique, on salue aussi plusieurs sorties discographiques, dont Omphale de Jean-Baptiste Philibert Cardonne (1730-1792) dirigé par György Vashegyi, et une nouvelle version d’Atys de Lully confiée à Alexis Kossenko.