La Musikfest parisienne

Par |Published On: 26 février 2025|

La Musikfest parisienne imaginée par la violoniste Liya Petrova se concentrera cette année sur deux longues soirées. Rendez-vous les 7 et 8 mars à la salle Cortot.

Liya Petrova ©Lyodoh Kaneko

Liya Petrova. Crédit photo : Lyodoh Kaneko

Quelle a été la genèse de votre festival de musique de chambre ?

À l’issue du premier confinement en 2020, j’ai eu besoin de retrouver mes amis proches autour de la musique. Le projet de la Musikfest parisienne est né à ce moment-là avec Alexandre Kantorow, Aurélien Pascal, Victor Julien-Laferrière… Le festival se tiendra en mars à la salle Cortot, pour la dernière fois. C’est un lieu que j’apprécie énormément et que je retrouverai pour d’autres projets, mais l’avenir du festival nous emmène ailleurs.

Vous adoptez une forme très ramassée pour votre festival. Pourquoi ce choix ?

Le programme se déroulera sur deux soirées seulement, mais très longues. Je me suis inspirée de Beethoven qui pouvait présenter deux symphonies et deux concertos en un même concert, gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants… c’est presque un marathon musical ! Cette idée me plaît beaucoup.

Est-il important de déterminer un thème pour un tel événement ?

Ce n’est pas une nécessité, mais cela m’a appris à me focaliser pour élaborer une programmation. Après une saison dédiée à Beethoven, nous avons ouvert sur Brahms, puis j’ai proposé des thématiques plus larges, telles que la Belle époque. Cette nouvelle saison suivra seulement le fil conducteur de l’hommage aux éditions passées, avec quelques clins d’œil aux suivantes qui adopteront un nouveau format, encore secret pour le moment !

Quels sont les temps forts du programme ?

La Sequenza de Simos Papanas a été composée au moment de notre première édition pour deux violons à distance. Je l’interpréterai en création française avec le compositeur. Je jouerai ensuite le Trio n° 1 de Beethoven avec Aurélien Pascal et Alexandre Kantorow. Le Quatuor à cordes n° 8 de Chostakovitch clôturera la première partie du premier concert. La deuxième partie sera consacrée aux danses de Brahms, Bartók, Kodály et enfin au Quintette pour piano et cordes n° 2 de Dvořák. Pour le deuxième concert, nous revenons à la Belle époque avec trois pièces de Hahn, Satie et Boulanger. Souffle sur les cendres composé par Jean-Frédéric Neuburger en 2010 sera interprétée avant le Quintette pour piano et cordes n° 1 de Fauré. La fin du concert fera la part belle à la chaconne avec des œuvres de Bach, Couperin, Sainte-Colombe, Falconieri, Merula et Vivaldi. De nouveaux interprètes tels que la gambiste Salomé Gasselin ou Emanuele Forni renforceront les rangs d’une équipe très fidèle : Clémence de Forceville, Lise Berthaud, Éric Lesage, Edgar Moreau…

La sortie du deuxième disque de votre diptyque « Momentum » paraît justement pendant le festival !

Après Walton et Respighi, ce programme adossera la Sonate de Strauss au Concerto de Korngold, nourri dès le plus jeune âge par la musique de son aîné allemand. J’interprète ces deux œuvres aux côtés d’Alexandre Kantorow et de l’Orchestre royal philharmonique de Londres.

Strauss sera d’ailleurs à l’honneur de votre premier récital au Théâtre des Champs-Élysées…

J’interpréterai la Sonate de Strauss avec celles de Respighi et de Debussy, toutes deux composées pendant la guerre. Adam Laloum est un habitué de cette salle. De mon côté, l’invitation de Jeanine Roze répond à un rêve d’enfant alors que je découvrais Paris à 6 ans. Je me réjouis de fouler enfin cette scène mythique.

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