Toulouse propose sa version de La Femme sans ombre de Strauss, en reprenant la mise en place de Nicolas Joël. Dans un décor en hommage à l’Art Nouveau italien, les costumes renvoient aux Mille et Une Nuits.

Femme sans ombre, Toulouse, Strauss ©Mirco Magliocca

Elisabeth Teige. Crédit photo : Mirco Magliocca

Annus mirabilis pour tous les Straussiens de France, avec non pas une Femme sans ombre, mais deux au cours de la saison 2023-2024. Après Lyon, Toulouse propose sa version, en reprenant la mise en place très sage conçue par Nicolas Joël en 2006. Dans un décor où le béton cède finalement la place à un hommage à l’Art Nouveau italien, les costumes renvoient aux Mille et une nuits (mais pourquoi diable, dans ce contexte, la Teinturière feuillette-t-elle un magazine sur papier glacé devant un téléviseur, comme si l’action était malgré tout transposée à notre époque ?).

Satisfecit total sur le plan musical, en revanche, avec d’abord la direction de Frank Beerman, qui inscrit l’œuvre dans le prolongement du Chevalier à la rose au moins autant que d’Elektra, sans accorder trop d’importance aux dissonances glissées ici et là.

Et le plateau vocal est de toute beauté. Impératrice en 2006, Ricarda Merbeth fait son retour en Teinturière, avec une puissance et une largeur de tessiture qui la dispense de tout cri. Brian Mulligan est un Barak convaincant, émouvant comme il convient. Nouvelle coqueluche de Bayreuth, l’Impératrice d’Elisabeth Teige possède un timbre personnel, solide et incisif. Après son Bacchus in loco, Issachah Savage déploie une voix stupéfiante d’aisance dans un rôle éprouvant malgré sa relative brièveté. Parmi les quelques artistes français de la distribution (dont l’excellent Thomas Dolié), Sophie Koch trouve une fois encore au Capitole un rôle à sa mesure, offrant une Nourrice de haute volée.

Richard Strauss, La Femme sans ombre.

Toulouse, théâtre du Capitole de Toulouse, jeudi 25 janvier.

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