Le jeu de l’amour et du destin

Published On: 13 février 2026|
Temps de lecture : 4 minutes

L’Opéra royal de Wallonie-Liège présente à la fin du mois de février une nouvelle production de La Dame de pique, chef-d’œuvre de Tchaïkovski inspiré de Pouchkine.

La passion, sa destruction par l’obsession du jeu et le poids du destin, le tourment qui mène à la folie, le conflit entre amour et désir de puissance, la frontière entre réel et surnaturel : voilà autant de thèmes susceptibles de composer un riche opéra et d’intéresser Tchaïkovski. Pour cela, il s’inspire d’une nouvelle de son cher Pouchkine, La Dame de Pique (1834), que son frère Modeste va adapter en livret. L’opéra est rapidement composé à Florence et sera créé avec un immense succès en 1890 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg.

La Dame de pique explore la psychologie bousculée d’Hermann, figure tragique déchirée par ses passions, son amour pour Lisa et son obsession du jeu, qui lui permettrait de changer de condition sociale.

L’ouverture, au lyrisme typique de son auteur, ne laisse pas présager, par sa mélancolie, le drame à venir bien que l’allure s’accélère et que le ciel s’obscurcisse.

Acte I

Scène 1

Dans un jardin, à Saint-Pétersbourg.

Tandis que s’ébattent les enfants, deux officiers discutent de leur ami Hermann qui observe avec passion les joueurs, sans jamais prendre part à leur activité. L’intéressé les rejoint, accompagné de son ami le comte Tomski. Hermann avoue être follement amoureux d’une jeune femme inconnue, riche et noble, donc inaccessible.

 

Arrive le Prince Eletski en compagnie de la vieille Comtesse et de sa petite-fille Lisa qu’il présente comme sa fiancée. Hermann reconnaît sa belle inconnue, tandis que les femmes redoutent « cet étranger sombre et mystérieux » qui les inquiète. Un peu plus tard, Tomski rapporte la rumeur qui court sur la Comtesse : dans sa jeunesse, à Paris, elle reçut une combinaison de trois cartes qui permet de gagner au jeu. Mais elle en conserve le secret car elle apprit par un rêve qu’elle mourrait si elle le révélait.

Scène 2

Chambre de Lisa
Lisa chante avec son amie Pauline. Restée seule, elle interroge ses sentiments et, malgré une affection réelle pour le prince Eletski, elle doit s’avouer troublée par Hermann.

 

Hermann apparaît dans sa chambre, lui annonce qu’il est sur le point de se suicider à cause de son mariage et lui déclare sa flamme. Elle finit par céder.

Acte II

Scène 1

Bal costumé chez un aristocrate
Hermann, de plus en plus obsédé par le secret des trois cartes, se fait remarquer par son allure sombre. Le prince Eletski remarque le trouble de Lisa et lui rappelle qu’il l’aime éperdument et qu’il ne peut pas vivre un seul jour sans elle.

 

Lisa confie néanmoins à Hermann la clé de la chambre de la Comtesse qui lui permettra d’accéder à la sienne. Elle l’attend demain. Mais Hermann, impatient et obsédé par les cartes, s’y rend le soir même, bien décidé à apprendre le secret.

Scène 2

Chambre de la Comtesse
La vieille Comtesse, nostalgique de sa jeunesse parisienne, chante une romance française à son retour du bal. Il s’agit de l’air de Laurette : « Je crains de lui parler la nuit », extrait de l’opéra Richard Cœur de Lion (1784) d’André Grétry.

 

Hermann, qui s’était caché, surgit et exige la formule des trois cartes. Terrifiée, la Comtesse meurt sans avoir parlé. Intriguée par le bruit, Lisa apparaît et découvre le cadavre. Elle comprend qu’elle n’est qu’un rouage dans le jeu d’Hermann et le chasse.

Acte III

Scène 1

Caserne d’Hermann
Hermann lit une lettre désespérée de Lisa, qui lui donne rendez-vous sur le quai du canal d’Hiver. Apparaît le spectre de la Comtesse. Il ordonne à Hermann, terrifié, d’épouser Lisa et lui confie enfin la combinaison : le trois, le sept et l’as.

Scène 2

Quai du canal d’Hiver

Lisa, troublée, refuse de croire qu’elle aime un assassin. Arrive enfin Hermann. Elle espère qu’ils vont partir ensemble au bout du monde tandis qu’il ne pense qu’à aller à la salle de jeu ! De désespoir, elle se jette à l’eau.

Scène 3

Casino
Dans le casino où règne une ambiance joyeuse et avinée, Hermann joue. Il mise sur le trois et gagne, puis sur le sept et gagne à nouveau. Il chante alors que la vie n’est qu’un jeu et que « le bien et le mal ne sont qu’un rêve ».

 

Alors qu’il s’apprête à jouer son dernier coup, celui qui doit lui assurer la fortune, Hermann croise Eletski qui le met au défi. Sûr de lui, Hermann joue sa dernière carte qu’il croit être le fameux as mais il n’a en main que la Dame de pique. Réapparaît le spectre de la Comtesse. Hermann comprend qu’il a été dupé et se suicide.

Informations pratiques pour la production à Liège :

  • Compositeur : Piotr Ilitch Tchaïkovski
  • Œuvre : Pikovaïa dama (La Dame de pique)
  • Lieu : Opéra Royal de Wallonie-Liège
  • Dates : du 27 février au 7 mars 2026
  • Durée : environ 3h05
  • Direction musicale : Giampaolo Bisanti
  • Mise en scène : Marie Lambert-Le Bihan
  • Chorégraphie : Danilo Rubeca
  • Distribution : Olga Maslova (Liza) ; Arsen Soghomonyan (Hermann) ; Olesya Petrova (La Comtesse) ; Judit Kutasi (Polina)
  • Informations complémentaires et réservations sur Opéra royal de Wallonie-Liège

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