Delibes avant Lakmé à Budapest
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Le Palazzetto Bru Zane s’est donné pour mission, entre autres, de révéler que la postérité a bien à tort réduit certains compositeurs à une seule œuvre. Si les ballétomanes peuvent citer Coppélia et Sylvia, l’amateur d’opéra ne connaît guère de Léo Delibes que Lakmé (1883). Les plus avertis citeront Le Roi l’a dit, encore repris de loin en loin, mais c’est à peu près tout. Il y avait donc lieu de ressusciter Jean de Nivelle, grand succès lors de sa création à l’Opéra-Comique en 1880, rapidement exporté dans toutes les capitales européennes.
Moyen Âge et opéra-comique français
C’est à Budapest qu’il fallait aller cette fois pour réentendre cette partition surprenante à plus d’un titre. La version présentée n’est pas la partition entrecoupée de dialogues parlés, mais celle à laquelle Delibes ajouta des récitatifs, sans doute pour les représentations à l’étranger.
Le livret situé au Moyen Âge, lors de la guerre entre Bourguignons et Français, entrelace intrigue amoureuse et faits d’armes, sorcellerie et serments. L’orchestre inclut donc des trompettes guerrières, mais aussi des éléments typiques de l’opéra-comique français : un air brillant à vocalises (avant les clochettes de Lakmé), de tendres duos, des ensembles cocasses, et même une sorte de valse lente, la « Ballade de la Mandragore ».

Léo Delibes ©Lemaire, Gallica, BnF
Une distribution vocale entre valeurs sûres et révélations
À la tête de l’Orchestre philharmonique hongrois, György Vashegyi déploie une fois de plus tout son savoir-faire dans un répertoire dont il poursuit l’exploration en collaboration avec le PBZ. Quant aux solistes, on y retrouve des habitués, mais aussi de nouvelles voix plus que prometteuses.
On ne présente plus les brillants Cyrille Dubois (dans le rôle-titre) ou Tassis Christoyannis, ici rejoints par François Rougier, Adrien Fournaison ou le baryton québécois Jean-Philippe Mc Clish ; du côté des dames, tandis que Juliette Mey cumule deux petits emplois, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur séduit en sorcière Simone et Mélissa Petit se révèle une formidable recrue dans le rôle virtuose de la jeune première. Et dans quelques mois, le disque sortira.
Budapest, Müpa, Béla Bartók National Concert Hall, le 14 janvier.




