Redécouvrir les chœurs profanes d’Herbert Howells

Published On: 23 janvier 2026|
Temps de lecture : 2 minutes

De l’importante production chorale d’Herbert Howells, les interprètes (et les enregistrements) retiennent surtout les œuvres religieuses : Requiem, Te Deum, Stabat Mater, messes, motets. Cette nouvelle anthologie vient à point nommé rappeler que Howells composa de nombreux chœurs profanes, généreusement rassemblés ici. Pages, en général brèves, et exemptes de la pompe sulpicienne qui alourdit parfois sa musique sacrée.

Une écriture chorale aux formats multiples

Tout danger d’uniformité est évité par la diversité des formations requises : huit chœurs mixtes a cappella, deux avec accompagnement de piano, un pour voix hautes à l’unisson et piano (Good Counsel), un pour deux pupitres de sopranos et piano (le diaphane A New Year Carol). Insérée en milieu de récital, la fantaisie sans paroles Sine Nomine, dans une transcription pour deux solistes, double chœur, violon et piano qui allège avec un rare bonheur l’original avec orchestre, souligne à quel point Howells fut proche de son aîné Vaughan Williams, dont cette version évoque irrésistiblement le lyrisme pastoral du Flos Campi.

Héritage Tudor et voûtes de cathédrale

Comme la plupart de ses contemporains britanniques, Howells puise son inspiration dans les polyphonies de l’époque Tudor, plus d’ailleurs chez les madrigalistes tardifs comme Thomas Weelkes ou Orlando Gibbons que chez un précurseur comme Thomas Tallis. Ses thèmes, à la courbe mélodique très pure, s’élancent comme de grands arcs, se croisant et se rejoignant en frictions et en piliers harmoniques subtils, comme les voûtes d’une cathédrale gothique. Le tout baignant dans une légère austérité teintée de religiosité, ciselant le débit fluide de la projection poétique avec une hauteur de vue constante et indépendante de la valeur des textes : Geoffrey Chaucer (ca.1343-1400) y est traité avec le même soin que les fades poèmes de Walter de la Mare (1873-1956).

Transparence vocale et intensité expressive

Le remarquable David Hill conduit les vingt-et un choristes de l’ensemble Ikon avec un rare bonheur, soignant les atmosphères comme les mélismes, la profondeur de coloris comme l’intensité des nuances, toutes de ferveur teintée de sensuelle séduction. Aucune approximation, aucun écart de justesse dans des tessitures souvent très tendues, aucune laideur de timbre ici ou là, mais bien au contraire, une cohésion totale et des variations de densité virtuoses. Le tout, avec une parfaite transparence, et une exquise délicatesse préservant la saine simplicité et la fraîcheur spontanée qui masque tant d’art dans ces musiques heureuses. Un régal.

Informations pratiques

  • Compositeur : Herbert Howells (1892-1983)
  • Titre : Sine nomine
  • Œuvres : A Maid Peerless. Walking in the Snow. Good Counsel. Inheritance. The Scribe. A New Year Carol. Sine nomine « A Phantasy ». The Summer is Coming. Irish Wren Song. The Shadows. Creep before Ye Gang. Before me Careless Lying. In Youth is Pleasure.
  • Interprètes : Iain Farrington (piano), Ikon, David Hill (direction)
  • Label : Hyperion CDA68476 (1 CD)
  • Date d’enregistrement : 2024
  • Durée : 1 h 06 min

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