Haydn en première discographique

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Published On: 17 avril 2026|
Temps de lecture : 3 minutes

Julien Chauvin, Le Concert de la Loge, le Chœur de Chambre de Namur et trois chanteurs de premier ordre font entendre La Création en français.

Disons-le tout net, même si cette Création, plutôt que Die Schöpfung, n’est pas une redécouverte aussi radicale qu’on nous l’annonce, son enregistrement en première mondiale n’en est pas moins un événement. Peu après les premières exécutions en 1798-1799, il y eut au moins deux versions françaises différentes, l’une lilloise, l’autre parisienne, qui se suivirent de très près en novembre-décembre 1800, et c’est la seconde – celle à laquelle Napoléon assista à la demande de Joséphine et malgré la tentative d’assassinat à laquelle il échappa en se rendant à l’Opéra – que Julien Chauvin a choisi de graver, après avoir trouvé par hasard un exemplaire de la partition lors d’une vente aux enchères, non sans ensuite accomplir des recherches complémentaires à la Bibliothèque nationale.

Du reste, ladite partition n’était pas totalement inconnue, et le chef Jean-Philippe Sarcos l’a dirigée en 2016 (à la tête de son Orchestre du Palais Royal, il a également présenté Les Saisons dans leur version française, écrite par le baron von Swieten lui-même). Et même si le concert qui sert de base à la version publiée par Alpha Classics a été capté en la basilique de Saint-Denis, dont on connaît l’acoustique pour le moins difficile, le résultat n’en est pas moins un fort beau disque où un quatuor à cordes accompagne les récitatifs.

Un texte compréhensible et trois excellents chanteurs

Outre le français qui a l’avantage, même si la prosodie n’est pas toujours idéale, de rendre le texte directement accessible pour les non-germanophones (ou les non-anglophones, The Creation étant bien défendue outre-Manche), il faut souligner l’excellence des trois solistes vocaux. Julie Roset est angélique à souhait, et maîtrise toute la virtuosité attendue, comme ses différentes prestations en musique baroque pouvaient le laisser présager. Stanislas de Barbeyrac met au service de la partition de Haydn les qualités qui faisaient tout le prix de son Tamino. Quant à Nahuel di Pierro, il a toute l’autorité nécessaire à ses différents rôles, sans pour autant faire d’Adam un barbon. Très loin des effectifs pléthoriques en vogue au XIXe siècle, le Chœur de chambre de Namur n’en a pas moins la masse nécessaire pour défendre ses interventions, essentielles dans le format oratorio.

Quant au Concert de la Loge, il est naturellement chez lui dans cette musique, après avoir enregistré tant de symphonies du même Haydn. On savourera en particulier les riches couleurs dont se pare l’orchestre en réponse aux évocations qui émaillent la partition. Les tempos choisis par Julien Chauvin sont enlevés, sans tomber dans l’excès, la durée totale de l’enregistrement étant à peine moins longue que la majorité des versions sur instruments anciens déjà disponibles ; les gravures plus anciennes, elles, atteignent régulièrement les deux heures complètes.

Informations pratiques

  • Compositeur : Joseph Haydn (1732-1809)
  • Œuvre : La Création du monde
  • Interprètes : Julie Roset (l’Ange Gabriel, Ève, soprano), Stanislas de Barbeyrac (l’Ange Uriel, ténor), Nahuel di Pierro (l’Ange Raphaël, Adam, basse), Chœur de Chambre de Namur, Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (direction)
  • Label : Alpha Classics 1186 (2 CD)
  • Date d’enregistrement : 2023
  • Durée : 1 h 38 min

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