Rentrée 2026 : les symphonies parisiennes
Qu’ils viennent de New York, d’Amsterdam ou de la capitale, les grands orchestres sonnent la rentrée musicale parisienne. Entre la Philharmonie, l’Auditorium de Radio France et l’Opéra Garnier, ils promettent quelques luxueux rendez-vous où Mahler, Strauss et Chostakovitch côtoient Bernstein et Saint-Saëns.
« On a battu des records de fréquentation puisque l’on a augmenté la jauge de quelque trois cent cinquante places, sans entamer la recette », constatait l’an dernier Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris. Encouragée par un tel succès, la maison propose à nouveau sa série Prem’s, festival de grands orchestres internationaux, qui a pour particularité de remplacer les fauteuils d’orchestre par sept cents places debout, proposées au prix imbattable de 15 €. Le prix d’une place de cinéma pour approcher à quelques mètres l’Orchestre du Metropolitan Opera de New York, l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam ou l’Orchestre de Paris : c’est évidemment une aubaine.
Plus que cet agencement inédit, ce qui avait frappé, c’était la qualité d’écoute de ces spectateurs debout. « Cela démontre clairement que la démocratisation de la musique passe par la qualité de l’outil, poursuit Olivier Mantei. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du lieu, de l’acoustique, du rapport à la salle. Le public est au contact des musiciens, il est dans les vibrations et ça canalise toute l’attention. »
Les Prem’s à la Philharmonie de Paris
On espère donc une même qualité d’écoute pour cette nouvelle série inaugurée les 1er et 2 septembre par l’Orchestre du Met et son flamboyant directeur musical, Yannick Nézet-Séguin, accompagné de deux cantatrices, Elza van den Heever pour une soirée Richard Strauss (dont la scène finale de Salomé) et Joyce DiDonato dans un programme consacré à Saariaho et Mahler (Rückert-Lieder et la Symphonie n° 4).
Mahler sera également au rendez-vous, les 9 et 10, de l’Orchestre de Paris et de son chef, Klaus Mäkelä, avec sa gigantesque Symphonie n° 3 qui mobilise un grand orchestre, un chœur de femmes, un chœur d’enfants et deux chanteuses pour représenter rien moins que le monde et son élévation spirituelle.
Entre New York et Paris se glissent, le 3 septembre, Amsterdam et son orchestre vraiment royal (c’est l’une des plus belles sonorités au monde) conduit par Santtu-Matias Rouvali dans le Concerto pour piano n°5, « L’Empereur » de Beethoven avec Víkingur Ólafsson et la Symphonie n° 5 de Prokofiev.
Les deux orchestres de Radio France au rendez-vous
Les deux orchestres de Radio France font également leur rentrée et présentent chacun un programme comprenant des œuvres rarement entendues et un soliste de prestige. Le 10 septembre, l’Orchestre national de France et son directeur musical, Cristian Măcelaru, dont c’est la dernière saison, font entendre Bernstein (Chichester Psalms), Enescu (Symphonie n° 1) et Saint-Saëns (Concerto pour violoncelle n° 1) avec le galvanisant Nicolas Altstaedt. Le 11, l’Orchestre philharmonique de Radio France et son nouveau directeur musical Jaap van Zweden affichent Joel Thompson (To See the Sky, création française), Ravel (Sonate pour violon, orchestration de Yan Maresz) avec Renaud Capuçon et Chostakovitch (Symphonie n° 5).
Et les débuts de Philopéra
C’est également Mahler (Symphonie n° 1), accompagné de Schubert (Symphonie n° 3), qui parraine les débuts d’un tout nouvel orchestre, Philopéra, constitué des membres de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris (lire entretien avec Étienne Tavitian, altiste et président du bureau de l’association), qui se produira à l’Opéra Garnier le 6 septembre, sous la baguette de Daniel Harding.
Aller plus loin
- Les Prem’s à la Philharmonie de Paris
- Philopéra
- Orchestre national de France
- Orchestre philharmonique de Radio France