George Gershwin en 10 titres incontournables, entre jazz et classique
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De Rhapsody in Blue à Porgy and Bess, découvrez 10 œuvres incontournables de George Gershwin et les grandes versions classiques et jazz à écouter.
Rayon classique ou rayon jazz ? Où classer Gershwin dans sa discothèque ? Le compositeur s’est nourri des deux langages pour forger le sien et composer aussi bien pour la salle de concert que pour le club de jazz, pour Broadway que pour l’opéra. Son opéra Porgy and Bess a ainsi intégré le répertoire des artistes, chanteuses (le plus souvent) et instrumentistes, de jazz sans quitter celui des cantatrices. De même, ses Préludes pour piano se jouent des catégories.
Musicien sans frontières, Gershwin peut s’enorgueillir d’une immense discographie où s’alignent les plus grands noms du classique et du jazz. Les différentes versions qui peuvent exister n’ont jamais l’air de redites tant les interprétations diffèrent. Elles rappellent également quel fabuleux mélodiste fut Gershwin, à l’égal d’un Mozart, d’un Schubert, d’un Puccini ou d’un Bernstein.
1. Rhapsody in Blue (1924)
Elle devait à l’origine s’intituler American Rhapsody, comme pour concentrer son énergie en un seul adjectif. C’est Ira, le frère aîné de George et son parolier régulier, qui lui aurait suggéré de changer, inspiré par le titre de peintures de James McNeill Whistler, qui intègrent souvent des couleurs. On peut aussi imaginer une allusion au blues et à la mélancolie. Triomphe phénoménal à la création en 1924, jamais démenti depuis. La version que l’on a retenue, grâce à la magie de la technique, fait dialoguer Gershwin lui-même, enregistré sur rouleaux en 1925, avec un jazz band dirigé par Michael Tilson Thomas en 1976, dans l’esprit de la création.
- Version recommandée : George Gershwin (piano), Columbia Jazz Band, Michael Tilson Thomas (direction) / Sony Classical (1925/1976)
2. Lady, Be Good (1924) : « Fascinating Rhythm »
La première grande comédie musicale écrite entièrement par les deux frères pour Broadway réunit Dick et Susie, un frère et une sœur danseurs et artistes de music-hall en proie à des difficultés financières. Quiproquos, fausses identités et relations amoureuses animent cette œuvre évidemment légère.
- Version recommandée : Sarah Vaughan, Orchestre philharmonique de Los Angeles, Michael Tilson Thomas (direction) / Sony Classical (1982)
3. Concerto pour piano en fa (1925) : 1. Allegro.
Gershwin dans les pas des grands romantiques ? Certains passages lyriques pourraient le suggérer. Mais, comme à l’accoutumée, le compositeur procède au mélange des genres et inscrit le jazz dans l’orchestre symphonique et, bien sûr, le piano.
- Version recommandée : Jean-Yves Thibaudet (piano), Orchestre symphonique de Baltimore, Marin Alsop (direction) / Decca (2009)
4. Trois Préludes pour piano (1926) : Prélude n° 2
Le 4 décembre 1926, Gershwin fit entendre cinq Préludes pour piano à l’hôtel Roosevelt de New York. Quand il prépara l’édition en vue de leur publication, il n’en conserva que trois, aujourd’hui connus comme les Trois Préludes pour piano. Entre le premier et le troisième, vifs et rythmés, le deuxième, plus lent et plus lyrique, entêtant par la répétition de sa tierce mineure, est empreint de l’esprit du blues.
- Version recommandée : George Gershwin (piano) / Naxos Nostalgia (1928)
5. Strike Up the Band (1927) : « The Man I Love »
C’est une histoire abracadabrante de fabricant de fromages, de guerre entre les États-Unis et un pays imaginaire, de politique, de commerce… Au sein de ce récit satirique se tisse une histoire d’amour entre Joan et John, en proie à des événements qui les dépassent. « The Man I Love » fait également partie des tubes de Gershwin adoptés par des dizaines d’artistes, de Vaughn De Leath en 1927 à Kate Bush en 1994 en passant par Helen Forrest, Coleman Hawkins, Miles Davis, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Dinah Shore, Sarah Vaughan…
- Version recommandée : Rebecca Luker (Joan Fletcher), Brent Barrett (Jim Townsend), Orchestre, John Mauceri (direction) / Nonesuch (1990)
6. Funny Face (1927) : « ‘S Wonderful »
Cette comédie musicale de George et Ira Gershwin, créée à Broadway en 1927, met à l’affiche Fred Astaire et sa sœur Adele. C’est une histoire de journal intime conservé dans un coffre-fort, de cambriolage, de quiproquos, de poursuites et de rebondissements comiques. Plus que l’argument, la postérité a retenu de nombreux airs qui sont devenus des standards : « ’S Wonderful », « He Loves and She Loves », « My One and Only », « Funny Face ».
Trente ans plus tard, Stanley Donen réalise un film intitulé Funny Face (Drôle de frimousse) qui réunit Fred Astaire, Audrey Hepburn et Kay Thompson. S’il compte plusieurs chansons de George et Ira Gershwin, le film ne suit pas l’intrigue du musical original. Une fois encore, les reprises s’additionnent, d’Artie Shaw à Diana Krall, en passant par Anita O’Day, Ella Fitzgerald ou João Gilberto.
- Version recommandée : Fred Astaire, Oscar Peterson (piano), Charlie Shavers (trompette), Flip Phillips (saxophone ténor), Barney Kessel (guitare), Ray Brown (contrebasse), Alvin Stoller (batterie) / Verve (1952)
7. Un Américain à Paris (1928)
« Mon objectif ici est de décrire les impressions d’un visiteur américain à Paris, alors qu’il se promène dans la ville, écoute les différents bruits de la rue et s’imprègne de l’atmosphère française » aurait confié Gershwin. Émerveillement face à la ville-lumière que Gershwin a réellement visitée, ivresse légère, nostalgie et joyeux tumulte des rues avec klaxons d’automobiles sont ainsi au programme. En 1951, Vincente Minnelli en fera une adaptation avec notamment Gene Kelly, Leslie Caron et Georges Guétary.
- Version recommandée : Orchestre philharmonique de New York, Leonard Bernstein (direction) / Sony Classical (1959)
8. Girl Crazy (1930) : « Embraceable You »
Encore une comédie musicale créée à Broadway. George et Ira Gershwin font cap vers l’Ouest américain. Danny Churchill, un riche jeune New-Yorkais, est envoyé par son père dans le ranch familial isolé au Nevada pour l’éloigner des femmes. Mais il ne tarde pas à transformer le ranch en casino et tombe amoureux de Molly Gray (Ginger Rogers), la receveuse des postes locale. Les frères Gershwin ont, une fois encore, accumulé les airs qui deviendront célèbres : « I Got Rhythm », « Embraceable You », « But Not for Me »…
- Version recommandée : Billie Holiday, Jimmy Rowles (piano), Barney Kessel (guitare), Harry « Sweets » Edison (trompette), Ben Webster (saxophone ténor), Larry Bunker (batterie) / Verve (1957)
9. Porgy and Bess (1935) :
« Summertime »
Seul véritable opéra, et non comédie musicale, de Gershwin, Porgy and Bess mène le spectateur vers l’Amérique des bas-fonds où drogue, alcool et meurtres se côtoient. Porgy, infirme, aime Bess, en couple avec un homme qui la violente. Il le tuera, fera de la prison et ne retrouvera pas Bess, partie avec un dealer.
Si ce chef-d’œuvre connaît assez peu d’enregistrements complets, il a inspiré les plus grands artistes, chanteurs et instrumentistes de jazz, Billie Holiday, Miles Davis, Oscar Peterson, le Modern Jazz Quartet, Joe Henderson… sans oublier Bronski Beat qui, en 1984, reprendra « It Ain’t Necessarily So ». Nous vous proposons deux extraits et deux esthétiques différentes.
- Version recommandée : Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Orchestre, Russell Garcia (direction) / Verve (1957)
« It Ain’t Necessarily So »
- Version recommandée : Damon Evans, Chœur du Festival de Glyndebourne, Orchestre philharmonique de Londres, Simon Rattle (direction) / Warner Classics (1988)
10. Shall We Dance (1937) : « They Can’t Take That Away from Me »
Gershwin ne destine pas sa musique à la scène mais à l’écran. Shall We Dance, comédie musicale réalisée par Mark Sandrich, marque la septième des dix collaborations cinématographiques de Fred Astaire et Ginger Rogers.
Un danseur de ballet américain vivant à Paris sous le nom de scène Petrov, interprété par Fred Astaire, rêve de mêler ballet classique et claquettes, et est fasciné par une célèbre danseuse de comédie musicale, Linda Keene (Ginger Rogers). Le hasard les réunit à bord d’un paquebot transatlantique en direction de New York.
- Version recommandée : Sarah Vaughan, John Malachi (piano), Joe Benjamin (contrebasse), Roy Haynes (batterie) / EmArcy (1954)
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