Flûte traversière baroque : 10 œuvres à découvrir

Published On: 4 septembre 2026|
Temps de lecture : 4 minutes

Une sélection de 10 œuvres de Bach, Vivaldi, Telemann ou Rameau pour explorer la flûte traversière baroque et sa sonorité sur instruments anciens.

Avant d’être ce tube métallique (argent, vermeil, or) qui brille au sein de l’orchestre, la flûte traversière fut d’abord en bois. Sa facture se développe dans la seconde moitié du XVIIe siècle et adopte une clef, mais elle n’a pas encore de mécanisme pour boucher ses trous. C’est à un parcours à travers les premières compositions pour flûte traversière, issues du XVIIIe siècle et jouées sur des instruments d’époque ou des copies qu’invite cette playlist.

Cette sélection permettra autant de découvrir des œuvres moins connues que les concertos de Mozart ou d’Ibert, ou les pages de Debussy et Ravel, et d’approcher une sonorité différente de celle de la flûte en métal, plus chaude, plus ronde, plus ambrée. Dans un souci de diversité, les titres choisis mettent la flûte au premier plan, ou l’amènent à partager la scène avec une voix ou d’autres instruments.

1. Michel de La Barre (ca. 1675-1745)

Suite en sol majeur, op. 4 n° 2 : Prélude

Comme Jacques-Martin Hotteterre et Pierre Danican Philidor, Michel de La Barre appartient à cette génération qui a créé la première école de flûte traversière française. Il fait partie de ces « artisans d’une esthétique de l’intime, du tendre et du sensible » comme l’écrit justement la jeune Gabrielle Rubio.

  • Version recommandée : Gabrielle Rubio (flûte), Lulas Schneider (basse de viole), Thibaut Roussel (théorbe) / Harmonia Mundi (2025)

 

2. Antonio Vivaldi (1678-1741)

Concerto pour flûte en ré majeur, op. 10, RV. 428, « Il Gardellino » : 1. Allegro

Voici la flûte dans l’un de ses rôles de prédilection : l’oiseau, à qui elle emprunte le ramage et le plumage. Vivaldi prête en effet à ce chardonneret (« Il Gardellino ») des trilles lyriques et des mouvements vifs et ascendants qui évoquent son envol.

  • Version recommandée : Les Musiciens de Saint-Julien, François Lazarevitch (flûte et direction) / Alpha Classics (2016)

 

3. Antonio Vivaldi (1678-1741)

Orlando furioso, RV 728 : « Sol da te, mio dolce amore »

« De toi seule, mon doux amour, ce cœur trouvera paix et réconfort ; tes beaux yeux sont les étoiles qui guident l’amour jusqu’au port » chante le chevalier Ruggiero à l’enchanteresse Alcina qui vient de l’ensorceler. Les cordes en sourdine accompagnent ce duo miraculeux entre la voix et la flûte.

  • Version recommandée : Paul-Antoine Bénos-Djian (contre-ténor), Karel Valter (flûte), Café Zimmermann / Alpha Classics (2025)

 

4. Georg Philipp Telemann (1681-1767)

Fantaisie pour flûte seule en la majeur, TWV 40:2

Comme Bach, Telemann composa pour la flûte traversière seule et réussit le tour de force de créer l’illusion de la polyphonie. La flûte, instrument monodique par excellence, capable de ne chanter qu’une seule note à la fois, semble en effet se démultiplier.

  • Version recommandée : Barthold Kuijken (flûte) / Accent (1978)

 

5. Georg Philipp Telemann (1681-1767)

Concerto pour flûte à bec et flûte traversière en mi mineur, TWV 52:e1 : Presto

Quand la flûte ancienne (à bec, issue de la Renaissance) croise la moderne (la traversière) en un savoureux dialogue. Telemann avec son inépuisable imagination réunit ces deux flûtes dans un concerto d’une saveur inimitable. Ce finale, aux accents populaires, est tout simplement grisant.

  • Version recommandée : Michael Schneider (flûte à bec), Wilbert Hazelzet (flûte traversière), Musica Antiqua Köln, Reinhard Goebel (violon et direction) / Archiv Produktion (1986)

 

6. Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

Hippolyte et Aricie : « Rossignols amoureux »

« Rossignols amoureux / Répondez à nos voix / Par la douceur de vos ramages / Vos chants sont tendres hommages / À la divinité qui règne dans nos bois » chante une bergère. Les rossignols de Rameau après le chardonneret de Vivaldi. La flûte retrouve son environnement sylvestre favori.

  • Version recommandée : Patricia Petibon (soprano), Serge Saïtta (flûte), Les Arts Florissants, William Christie (direction) / Erato (1996)

 

7. Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Sonate pour flûte et clavecin en si mineur, BWV 1030 : Andante

Bach confia à la flûte un répertoire des plus variés, dans la musique de chambre (L’Offrande musicale, des sonates), dans ses cantates, ses passions, sa Messe en si mineur… Dans ce mouvement, la voix de la flûte entame un riche dialogue avec les deux mains du clavecin.

  • Version recommandée : François Lazarevitch (flûte), Jean Rondeau (clavecin) / Alpha Classics (2013)

 

8. Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Oratorio de Noël, BWV 248 : « Frohe Hirten, eilt, ach eilet »

L’ange a annoncé aux bergers la venue de Jésus. Cet air les exhorte alors à se hâter vers la crèche pour admirer le nouveau-né. La flûte est alors utilisée comme instrument de l’univers pastoral. Ses traits encouragent les bergers à presser le mouvement.

  • Version recommandée : Werner Güra (ténor), Ernst-Burghard Hilse (flûte), Akademie für alte Musik Berlin, René Jacobs (direction) / Harmonia Mundi (1997)

9. Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Passion selon saint Matthieu : « Aus Liebe will mein Heiland sterben »

Jésus vient d’être condamné à mort. Dans cet air pour soprano, flûte et deux hautbois da caccia, sans basse, ce qui donne une impression d’apesanteur, de temps suspendu, le fidèle s’interroge sur le sacrifice du Christ. « Par amour, mon Sauveur veut mourir / Du péché il ne sait rien / De sorte que l’éternel châtiment / Et la punition du jugement / Ne puisse pas rester sur mon âme. »

  • Version recommandée : Christine Schäfer (soprano), Robert Wolf (flûte), Concentus Musicus Wien, Nikolaus Harnoncourt (direction) / Teldec (2000)

 

10. Georg Friedrich Haendel (1685-1759)

L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato : « First and chief, on golden wing »

L’un des plus beaux airs de Haendel dans une de ses œuvres les plus inspirées et personnelles. Dans cette ode pastorale où dialoguent L’Allegro (L’homme joyeux) et Il Penseroso (L’homme contemplatif), le second s’adresse au « doux oiseau » (Sweet Bird) dont il espère entendre le chant, symbole de la communion avec une nature éloignée du vacarme du monde.

  • Version recommandée : Patrizia Kwella (soprano), Lisa Beznosiuk (flûte), The English Baroque Soloists, John Eliot Gardiner (direction) / Erato (1980)

 

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