Pour répondre à la ferveur du public, l’édition 2024 du festival se focalise sur la musique sacrée, ménageant un équilibre entre artistes stars et jeunes talents.

Diminique Bluzet, Renaud Capuçon ©Caroline Doutre

Diminique Bluzet et Renaud Capuçon. Crédit photo : Caroline Doutre

« En créant un festival de Pâques, je voulais faire d’Aix-en-Provence le Sazlbourg français – nous sommes un pays centralisé où l’excellence a du mal à sortir de Paris », confie Dominique Bluzet. L’homme de théâtre et cofondateur du festival provençal forme avec Renaud Capuçon la locomotive d’un événement couronné l’an passé par la décennie. Depuis les « tâtonnements » initiaux, la manifestation a plus que triplé sa fréquentation, passant de huit mille à trente mille spectateurs. « Renaud est un chef de bande, il fédère une cohorte de musiciens que nous avons fidélisés avec le temps. »

Le violoniste aime quant à lui comparer son travail à celui d’un cuisinier : « Pour établir ma programmation, je ne suis pas adepte des grandes thématiques : l’amour, la mort, la mer, la famille… Je préfère travailler comme sur un puzzle en construisant une proposition cohérente au fur et à mesure de mes rencontres, de mes découvertes, des tendances qui se dégagent… Et la majorité des concerts sont donnés en exclusivité pour nous. » Quant aux échanges avec le festival d’été, « j’ai été plusieurs fois l’initiateur de liens possibles, chaque fois que j’ai pu. Ça ne s’est pas fait, mais pas parce que je ne l’ai pas voulu », souligne-t-il.

Au programme

Concomitant avec la Semaine sainte, l’événement honore le répertoire de circonstance. « Nous avons constaté une vraie demande sur cette période, et la ferveur du public est incroyable », soutient Renaud Capuçon. Si les Passions selon saint Jean et saint Matthieu sont une constante depuis le début, cette édition propose un focus tout particulier sur la musique sacrée.

« J’ai ménagé un équilibre entre les musiciens très connus, ceux qui sont très demandés dans leur pays et moins présents en France et les jeunes talents labélisés sous notre série “Génération @ Aix” ». Deux artistes seront particulièrement mis à l’honneur : Jean-Claude Casadesus,
« l’un des premiers à emmener son orchestre dans les prisons » et Gérard Caussé, « figure de la musique en France. » Cet équilibre a fait ses preuves puisque le taux de fréquentation des concerts se situe entre 90 et 95 % pour une billetterie échelonnée de 11 à 80 € – des tarifs « particulièrement abordables, alors que le festival ne touche aucun fonds public mais s’appuie sur des mécènes fidèles », se félicite Dominique Bluzet.

Festival en partage

Une offre d’événements dans des villages éloignés, des hôpitaux ou centres de soins palliatifs, « là où les musiciens n’ont pas l’habitude d’aller », vient étoffer la proposition artistique du festival sous la bannière « festival en partage », qui fortifie un ancrage territorial. « Je pense que dans 10 ans, la moitié du festival aura une dimension sociale », gage Dominique Bluzet.

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