Est-on sérieux quand on a 12 ans ? Le jeune Felix Mendelssohn bénéficie alors d’un environnement matériel et culturel exceptionnel. Étudiant la composition depuis deux années, il travaille avec assiduité et entreprend, sous la houlette de son professeur, un ensemble de symphonies pour cordes. La prodigalité familiale permet que ces travaux d’école dans l’esprit des compositeurs de l’Europe du Nord soient
joués à domicile par la fine fleur des musiciens du Berlin de l’époque. Ces trois premières compositions pour orchestre sonnent aujourd’hui de manière générique, malgré les contrastes typiques de leur modèle. Il faut dire que les musiciens de l’Orchestre Dogma font montre d’un sérieux qui les laisse derrière les interprétations du Concerto Köln (Teldec, 1995), aux saillies autrement plus drolatiques.

Alors que ces Symphonies n’avaient pas vocation à sortir du cadre privé, le Concerto pour piano en la mineur, composé quelques mois plus tard, connaît très rapidement une interprétation publique. Notre très jeune compositeur n’y opère pas de rupture stylistique mais semble déjà s’émanciper. L’Adagio en particulier fait entendre une voix personnelle. Le sérieux de l’écolier s’efface devant une maturité saluée par ses contemporains. Avec un toucher lumineux, le pianiste Herbert Schuch trouve le ton exact de cette merveille.

Symphonies pour orchestre
à cordes nos 1 à 3. Concerto pour
piano et orchestre à cordes

Herbert Schuch (piano),
Orchestre de chambre Dogma,
dir. Mikhail Gurewitsch

MDG 912 2193-6 (SACD). 2020. 1h05

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