L’Opéra d’Oslo n’a pas manqué d’originalité pour sa fin de saison. La maison norvégienne a donné l’opéra de François-André Danican Philidor, Ernelinde, princesse de Norvège, en version concert, porté par un casting parfaitement calibré.

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Par méconnaissance du répertoire, on a tendance à penser que l’opéra français s’est endormi pendant les dix années séparant la mort de Rameau de l’arrivée de Gluck. Les compositeurs parisiens ne semblent pourtant pas avoir attendu que la réforme gluckiste vienne à eux : en témoigne l’exemple assez étonnant de François-André Danican-Philidor (1726-1795), dont le Centre de musique baroque de Versailles vient de ressusciter la tragédie lyrique Ernelinde, princesse de Norvège. Créée en 1767, elle acclimate un modèle italien en rupture totale avec le style ramiste. C’est à Oslo qu’il fallait aller pour l’entendre en version de concert, l’opération étant conjointement menée par le CMBV et l’Orkester Nord avec Martin Wåhlberg à la baguette (la production sera reprise à Versailles en mai 2025, et un disque suivra). Si la direction du chef norvégien paraît parfois un peu placide, les chantres du CMBV et les solistes choisis par Benoît Dratwicki sont à la hauteur de l’enjeu. Judith Van Wanroij prête toute sa douceur et son émotion à l’héroïne, la seule autre voix féminine est celle de Jehanne Amzal, uniquement sollicitée lors des divertissements. Outre diverses figures secondaires que cumule Clément Debieuvre, Ernelinde est confrontée à trois hommes : son amant Sandomir, rôle qui sollicite toutes les ressources de Reinoud Van Mechelen en matière de virtuosité, son père Rodoald, Thomas Dolié jouant ici un gentil, une fois n’est pas coutume, et le très méchant Ricimer, admirablement servi par Matthieu Lécroart.

Ernelinde, princesse de Norvège, Opéra d’Oslo, dimanche 23 juin.

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Les Philidor