Compte tenu de son influence notamment sur Debussy et Ravel, Chabrier mérite bien le titre de premier véritable compositeur “impressionniste musical” français.

Emmanuel Chabrier méritait éminemment d’entrer dans la collection Horizons des éditions Bleu Nuit. Même si ses œuvres sérieuses sont aujourd’hui boudées par les directeurs de théâtre et les programmateurs de concert, L’Étoile a désormais sa place au répertoire. Il aurait sans doute été possible de trouver au compositeur auvergnat un défenseur vivant, prêt à lui consacrer un ouvrage. Mais il a été jugé préférable de reprendre le texte écrit en 1959 par Francis Poulenc, avec ses partis pris et ses injustices pittoresques (une certaine hargne envers Saint-Saëns, un vrai mépris pour d’Indy), en y ajoutant une analyse détaillée des principales œuvres de Chabrier, rédigée par le directeur des éditions Bleu Nuit en personne, afin d’obtenir un nombre de pages identique à celui des autres volumes de la collection. Le ton diffère entre les deux auteurs, évidemment, mais la soudure s’opère sans trop de difficulté. Et si une relecture plus attentive eût été souhaitable pour les chapitres de Poulenc (« Jane Batbori », vraiment ?), si certaines informations eurent dû être mieux vérifiées dans les autres (en ce temps où l’on remet à l’honneur les compositrices, fallait-il présenter la grande Augusta Holmès comme une « actrice » ?), on se réjouit néanmoins qu’un livre bref sur l’auteur d’España soit à nouveau disponible, face à la monumentale biographie par Roger Delage chez Fayard.

Pour plus d’informations : 
Francis Poulenc, complété par Jean-Philippe Biojout
Bleu Nuit Éditeur
176 P., 25 €