Violoniste soliste et compositrice, Élise Bertrand a aussi étudié le piano. Son parcours, malgré son jeune âge, est déjà traversé de rencontres instrumentales au sommet et de créations d’une étonnante maturité.

Elise Bertrand

SDP

À la rentrée, Élise Bertrand a intégré l’Académie Jaroussky pour un an après avoir fréquenté les Académies Ozawa et Menuhin. Elle achève alors son mémoire au Conservatoire de Paris autour du thème de la sonate pour violon et piano. Lectrice passionnée, elle a entamé l’écriture de nouvelles qu’elle espère pouvoir mener à son terme. Après la composition de mélodies sur des textes de Char et d’Éluard, ses goûts la portent vers la simplicité d’Aragon ou l’esthétique parnassienne de Sully Prudhomme.

Parmi ses violonistes fétiches, David Oïstrakh a sa préférence, mais aussi Julia Fischer, Jean-Jacques Kantorow, Jacques Ghestem qu’elle consulte toujours, et Frank Peter Zimmermann. L’enregistrement en novembre de son premier CD chez Klarthe intitulé « Lettera Amorosa » (titre de son opus 10 pour flûte et trio à cordes en référence à René Char) occupe tout particulièrement son esprit. Y seront rassemblées quelques-unes de ses partitions majeures pour chant et piano ou ensembles instrumentaux. Elise Bertrand a un tempérament radieux, une intelligence en éveil ouverte sur le monde. Le temps sur elle ne semble guère avoir de prise.

En mars dernier, au Festival de Provence, Renaud Capuçon donnait en première mondiale la Sonate pour violon et piano, opus 11, d’Élise Bertrand qui, depuis, a encore étoffé son catalogue. Cette Varoise a en effet plus d’une corde à son arc et fait preuve d’une imagination musicale fertile. Piano à l’âge de 5 ans, violon à 8 ans et composition dès 11 ans à Toulon, avant d’accéder au CRR de Paris où elle perfectionne ainsi sa pratique de l’archet auprès de Suzanne Gessner et la composition avec Nicolas Bacri, son mentor.

Elise Bertrand atteindra alors le Graal en entrant au CNSMD de Paris dans la classe de Roland Daugareil. Elle obtiendra en 2019 un deuxième prix au Concours Ginette-Neveu puis le premier prix du Concours Léopold–Bellan. En tant qu’interprète, elle se produit aussi bien dans les œuvres du grand répertoire pour violon – tout en préférant la profondeur à la virtuosité démonstrative –, qu’en ensemble avec Les Dissonances. Cet été, par exemple, à La Roque-d’Anthéron, elle a participé au Trio pour clarinette, violon et piano de Gilbert Amy et à Contrastes de Bartók. Ses projets pourraient donner le tournis à une tête moins bien faite.

  • Élise Bertrand
  • Nationalité: française
  • Âge : 21 ans
  • Parcours : CRR de Toulon et de Paris,CNSMD de Paris.
  • Répertoire de prédilection : Bartók, Szymanowski, Lutosławski, Dutilleux, Messiaen

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