Dvořák face à Adámek au festival Les Volques
Pour sa cinquième édition, le festival Les Volques met deux compositeurs tchèques en miroir : Antonín Dvořák et Ondřej Adámek.

Crédit photo : SDP
Pour sa cinquième édition, le festival Les Volques met deux compositeurs tchèques en miroir – Antonín Dvořák et Ondřej Adámek – soit un « classique » et un contemporain comme son ADN l’exige. Dans Nîmes, la ville du premier historien slavophile (Ernest Denis), les concerts chambristes et classes de maître font battre le cœur des publics. Si ces compositeurs partagent un intérêt pour les musiques traditionnelles – indienne et flamenca pour Adámek – leur confrontation engendre-t-elle autant de proximité que celle de Benjamin et Mozart lors de l’édition 2023 ?
Le concert du Quatuor Diotima offre un relief captivant à ce défi. Leur performance dans Rapid Eye Movements (2005) d’Adámek évoque « le moment où le rêveur s’éveille et raconte » selon le compositeur, ici invité. Cette version avec électronique amplifie la réverbération de sourds frottements pulsés d’archet avant la métamorphose violente de modes de jeu (pizzicati) et de strates. Inspiré par le flamenco, le Quatuor n° 2 (créé par les Diotima, 2010) s’apparente au théâtre musical : les claquements de pied scandent le parcours « andalou » : cordes pincées en homorythmie (rasgueado de guitare), jeux de timbre et d’harmoniques sur des échelles non tempérées à l’imitation du cante jondo. Aussi, le retour aux archets mélodieux de la Sérénade pour cordes de Dvořák résonne avec rondeur, d’autant que la formation s’élargit avec le Quintette Les Pléiades, tous complices sur le plateau. Le charme slave opère au fil de séduisantes récurrences (Tempo di valse) et d’une réminiscence émouvante.
Certes les sensibilités de Dvořák et d’Adámek diffèrent, mais ce programme révèle leur propension à strier le temps : pour l’un avec régulation, y compris dans l’instabilité ; pour l’autre, avec une mécanique rageuse ou humoristique.