Dinard aux couleurs de la musique
À une semaine du concert d’ouverture de son festival, la ville de Dinard se pare de ses plus beaux reflets bleutés de bord de mer. La nouvelle édition du rendez-vous musical nous invite à croquer la coquette, un concert à la fois. Rencontre avec Yann Ollivier, directeur artistique.

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À une semaine du concert d’ouverture, le nouveau directeur artistique du Festival international de musique de Dinard, Yann Ollivier, nous raconte son histoire. « Je suis lié à Dinard depuis toujours. Mon père est né et a grandi ici. J’ai été baptisé à Dinard, et, môme, j’y passais toutes mes vacances. Aujourd’hui, ayant une maison dans la ville, j’y suis régulièrement. » Le festival, Yann Ollivier le connaît depuis longtemps. Pendant ses dix-sept années de direction chez Universal Music Classics & Jazz, il travaille notamment avec Kun Woo Paik, pianiste chez Decca et directeur artistique de l’événement de 1993 à 2014. « Comme je me rendais régulièrement à Dinard, on allait ensemble au festival, on dînait avec les artistes. C’est un rendez-vous qui me tient à cœur. »
« C’est un anniversaire ! »
En 2024 l’événement célèbre ses 35 ans. « C’est un anniversaire ! Alors je me suis dit “place aux jeunes”. J’avais envie d’apporter du sang neuf au festival. C’était mon premier réflexe. Le deuxième, c’est que, pour la première fois, on se donne rendez-vous à la Toussaint. C’est une belle période : il y a beaucoup de gens à Dinard, c’est le moment des vacances scolaires dans toutes les zones… C’était intéressant de proposer une offre musicale à cette époque de l’année car il y en a assez peu aux alentours. »
À la fin du mois d’octobre, les nuits plus longues ont davantage le temps d’étendre la poésie de leurs teintes azurées, pourtant Yann Ollivier nous assure ne pas avoir eu « envie de faire quelque chose de nostalgique ». Il nous explique ce qu’évoque pour lui « Les notes bleues », intitulé de l’affiche 2024 : « Cette couleur me fait penser à la fois au ciel qui passe vers la nuit et à cette ambiance de bord de mer. Les concerts de 18h accompagneront d’ailleurs le coucher du soleil. Et puis, dans le bleu il y a toujours une connotation musicale. La note bleue ce n’est pas que le jazz, c’est toute la musique. »
L’automne c’est également l’occasion de se tourner vers les Dinardais : « J’avais envie qu’il y ait des activités dans toute la ville », raconte Yann Ollivier. Comme chaque année, les intéressés retrouveront les concerts du soir de 20h30, au Théâtre Debussy, mais pour faire vivre la ville au rythme de la musique, le directeur artistique a imaginé d’autres temps forts dans des lieux clés. Par exemple, le concert « découverte » de Marie Nadeau-Tremblay investira à 18h la Villa Roches Brunes – « la villa la plus célèbre de Dinard qui domine toute la baie, c’est très joli », commente le directeur. Autres réjouissances : des « rencontres musicales » pour discuter avec les artistes de l’édition à travers la ville, un concert Halloween pour les jeunes, un concert dégustation de vin…
Invité d’honneur
Grand invité des festivités : l’art pictural en la personne du peintre et dessinateur Joël Person. « Je le connais depuis quelques années, raconte Yann Ollivier. Lorsque nous allons au concert ensemble, ce que nous faisons très souvent, Joël Person a l’habitude de dessiner dès que les musiciens se mettent à jouer, et ce jusqu’à la dernière note. Il pose alors son crayon, ne dessinant jamais quand il n’y a pas de musique. Au fil des concerts, il a constitué une collection de dessins qu’il appelle Carnet de notes. Je lui ai proposé d’être l’artiste en résidence cette année, à Dinard. Il viendra avec quelques-unes de ses œuvres que l’on affichera dans le Palais des Arts et du festival. Il apportera également certaines réalisations de son Carnet de notes et puis, surtout, il croquera sur le vif chacun des concerts. Les dessins seront ensuite affichés au fur et à mesure pour créer la collection de l’édition. »
Alors rendez-vous à Dinard dès le mardi 29 octobre, entre le bleu de la mer et du ciel et sur notre site classica.fr début novembre pour lire notre reportage.