Découvrir Grieg : la playlist idéale

Published On: 10 juillet 2026|
Temps de lecture : 4 minutes

Des grandes fresques orchestrales aux miniatures pour piano, du lyrisme incandescent de Peer Gynt à l’intimité des Pièces lyriques, voici une sélection de dix œuvres incontournables d’Edvard Grieg pour entrer dans l’univers singulier du compositeur norvégien.

1. Mélodies du cœur (Hjertets Melodier), op. 5 (1864)

N° 3. « Jeg elsker dig » (Je t’aime)

Composée à Copenhague sur un poème de Hans Christian Andersen, cette romance fut écrite au moment de ses fiançailles avec sa cousine et future épouse, Nina Hagerup. Ce chant enflammé connut un succès fulgurant dans les salons européens, révélant très tôt le don exceptionnel de Grieg pour faire chanter l’intime.

  • Version recommandée : Anne Sofie von Otter (mezzo-soprano), Bengt Forsberg (piano) / Deutsche Grammophon (1992)

2. Pièces lyriques, Cahier I, op. 12 (1867)

N° 1. « Arietta »

Cette courte et tendre page pour piano ouvre le monumental cycle des soixante-six Pièces lyriques, véritable journal intime que Grieg enrichira tout au long de sa vie. D’une mélancolie simple et touchante, cette première mélodie sera subtilement reprise plus de trente ans plus tard dans la dernière pièce de son ultime cahier.

Leif Ove Andsnes livre une interprétation d’une poésie et d’une respiration remarquables, enregistrée avec émotion sur le propre piano Steinway du compositeur.

  • Version recommandée : Leif Ove Andsnes (piano) / Warner Classics (2001)

3. Concerto pour piano en la mineur, op. 16 (1868)

I. Allegro molto moderato

Composé dans la fougue de la jeunesse, lors d’un été particulièrement fécond au Danemark, ce chef-d’œuvre est rapidement devenu le grand symbole musical de la Norvège. Grieg y réalise un équilibre fulgurant entre forme classique, héritée de Schumann, et vitalité rythmique nourrie par les danses populaires de son pays natal.

  • Version recommandée :  Leon Fleisher (piano), Orchestre de Cleveland, dir. George Szell / Sony Classical (1963)

4. Peer Gynt, op. 23 (1874-1875)

« Au matin »

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, cette musique ne décrit pas un lever de soleil en Norvège. Dans le contexte de la pièce d’Ibsen (acte IV), elle accompagne un lever de soleil dans le désert d’Afrique du Nord, où Peer Gynt s’est retrouvé bloqué après de nombreuses aventures.

  • Version recommandée :  Orchestre symphonique de San Francisco, dir. Herbert Blomstedt / Decca (1988)

5. Ballade en forme de variations sur une mélodie populaire norvégienne, op. 24 (1875-1876)

Conçue dans la douleur après la disparition successive de ses parents, cette immense œuvre est la partition pour piano la plus ambitieuse de Grieg. À partir d’une complainte populaire, le compositeur construit quatorze variations monumentales qui traduisent toute la violence intérieure du deuil.

  • Version recommandée :  Leif Ove Andsnes (piano) / Warner Classics (2007)

6. Sonate pour violoncelle et piano en la mineur, op. 36 (1883)

I. Allegro agitato

Unique sonate pour violoncelle du compositeur, cette œuvre marque le retour de Grieg à une inspiration plus ambitieuse après une période de doute. Longtemps sous-estimée, elle déploie un romantisme intense, nourri de contrastes puissants et d’un lyrisme ardent.

  • Version recommandée :  Truls Mørk (violoncelle), Håvard Gimse (piano) / Erato (2000)

7. Suite Holberg, op. 40 (1884)

I. Prélude

Composée pour le bicentenaire de Ludvig Holberg, cette suite néoclassique rend hommage aux formes de danse du XVIIIe siècle. Grieg y fusionne avec une rare élégance clarté baroque et raffinement harmonique romantique.

  • Version recommandée :  Orchestre symphonique de Göteborg, dir. Neeme Järvi / Deutsche Grammophon (1992)

8. Sonate pour violon et piano n° 3 en do mineur, op. 45 (1887)

I. Allegro molto ed appassionato

Cette ultime sonate s’éloigne des couleurs folkloriques des deux précédentes pour embrasser un souffle romantique plus ample et plus dramatique. Elle témoigne de l’ambition de Grieg de rivaliser avec les grandes œuvres de musique de chambre du continent.

  • Version recommandée :  Manon Galy (violon), Jorge Gonzalez Buajasan (piano) / Aparté (2025)

9. Haugtussa, op. 67 (1895)

N° 8. « Ved Gjætle-Bekken » (Au ruisseau)

Considéré comme l’un des sommets du lied scandinave, Haugtussa est un cycle de huit mélodies inspiré des poèmes d’Arne Garborg. Grieg y déploie une écriture d’une finesse exceptionnelle, entre poésie de la nature, intériorité et un subtil raffinement harmonique.

  • Version recommandée :  Anne Sofie von Otter (mezzo-soprano), Bengt Forsberg (piano) / Deutsche Grammophon (1992)

10. Pièces lyriques, Cahier VIII, op. 65 (1896)

N° 6. « Jour de noces à Troldhaugen »

Initialement intitulée « Les bienfaiteurs arrivent », cette page brillante fut rebaptisée pour célébrer les noces d’argent du couple Grieg. Virtuose et rayonnante, elle évoque avec éclat l’animation et la joie de la maison de Troldhaugen.

  • Version recommandée :  Leif Ove Andsnes (piano) / Warner Classics (2001)

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