Un Concert du Nouvel An idéal en 10 titres
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Valses, polkas et marches. Voici une sélection des pages les plus représentatives du génie de Johann Strauss par les chefs les plus inspirés. Tous ces enregistrements sont naturellement réalisés en concert avec l’Orchestre philharmonique de Vienne.
1. An der schönen blauen Donau [Le Beau Danube bleu]
Nikolaus Harnoncourt
LA valse des valses, l’hymne autrichien officieux, qui faisait tant l’admiration de Brahms. Pour le premier de ses deux concerts du Nouvel An, après des vœux sur la nature divine de la musique, Harnoncourt fait entrer Strauss dans le nouveau millénaire en repensant textures et accents sur la tradition centenaire du Philharmonique de Vienne. Rencontre au sommet.
Teldec (2 CD). 2001.
2. Künstlerleben [Vie d’artiste]
Seiji Ozawa
Le chef japonais, pourtant inattendu dans ce répertoire, donne l’une des plus belles introductions de cette Vie d’artiste : elle s’ouvre sur un dialogue éploré, quasi bellinien, entre le hautbois et les violoncelles. Les nuages vite chassés, le maestro distille une bonhomie teintée de nostalgie, dans un trois temps subtilement inégal et un rubato irrésistible. Le sentiment de naturel à son apogée.
Philips (1 CD). 2002.
3. Morgenblätter [Journaux du matin]
Nikolaus Harnoncourt
En 2001, l’Autrichien Harnoncourt s’inscrit dans la lignée historique du Concert du Nouvel An. C’est avec ces Journaux du matin que Clemens Krauss avait ouvert le premier concert, le 31 décembre 1939. Doublures millimétrées, vibratos différenciés, cabrements quasi militaires, ruades de timbales et de contrebasses, Harnoncourt réussit tout.
Teldec (2 CD). 2001.
4. Kaiserwalzer [Valse de l’Empereur]
Herbert von Karajan
Scandaleusement absente du CD officiel du Concert du Nouvel An 1987, la Valse de l’Empereur de Karajan représente le sommet d’une vie musicale, une géniale extrapolation, au souffle crépusculaire, quasi brucknérien, de l’un des tubes de Johann Strauss fils. Le temps suspend son vol lors de cette unique apparition du chef autrichien au concert classique le plus visionné dans le monde.
Deutsche Grammophon (1 CD). 1987.
5. Frühlingsstimmen [Voix du printemps]
Clemens Krauss
Lointain écho d’un monde disparu, la bande du Concert du Nouvel An 1954 (31 décembre 1953) présente une approche de la musique straussienne aux antipodes de la Gemütlichkeit, ce confort rassurant qui prévaut aujourd’hui. Krauss bouscule la métrique et prend des risques insensés qui mènent à une authentique ivresse laissant les danseurs à bout de souffle. Absolument passionnant.
Archipon (2 CD). 1953.
6. Auf der Jagd [À la chasse]
Willi Boskovsky
Au terme de vingt-cinq années au pupitre du Concert du Nouvel An, Boskovsky excelle comme jamais dans la peinture descriptive et les rythmes cravachés de la Polka de la chasse, émaillée de coups de fusil. Le public en redemande au point que l’œuvre est aussitôt bissée, dans une bonne humeur communicative et une simplicité typique du chef-violoniste viennois.
Decca (1 CD). 1979.
7. Unter Donner und Blitz [Sous le tonnerre et les éclairs]
Carlos Kleiber
Le météore Carlos Kleiber a laissé lors de ses deux apparitions au Concert du Nouvel An des interprétations d’anthologie, presque définitives. Il faudrait tout citer, au risque d’oublier les autres chefs. Sous le tonnerre et les éclairs affiche un rythme endiablé, proche du french-cancan, qui évoque les éléments déchaînés avec une virtuosité folle.
Sony Classical (1 CD). 1992.
8. Pizzicato-Polka
Carlos Kleiber
Jusque dans les pièces plus calmes, Kleiber sait être d’une précision diabolique, d’une éloquence absolue donnant l’illusion de l’improvisation alors qu’elle est le fruit d’un travail acharné. Dans la Pizzicato-Polka écrite à quatre mains par les frères Johann et Josef Strauss, le chef fait feu de tout bois dans une approche presque chorégraphique, d’une liberté de tempo grisante.
Sony Classical (2 CD). 1989.
9. Perpetuum Mobile
Claudio Abbado
Le Mouvement perpétuel est l’une des pièces dont le public raffole le plus, véritable manège symphonique où chaque soliste peut briller à loisir, dans des traits funambulesques pleins d’humour. Abbado, lors de la première de ses deux apparitions au Concert du Nouvel An, rivalise d’impertinence et d’aiguisement des timbres face à un orchestre qui en redemande.
Deutsche Grammophon (1 CD). 1988.
10. Tritsch-Tratsch-Polka
Lorin Maazel
Carte de visite de l’Orchestre philharmonique de Vienne, cette polka au titre intraduisible, évoquant en patois les potins, les cancans, est de ces pièces très courtes qui requièrent avant tout vélocité et légèreté. Parfois agrémentée d’un chœur d’enfants, elle est ici dans son habillage instrumental habituel lors des premières années de Maazel à la succession de Boskovsky.
Deutsche Grammophon (2 CD). 1981.





