Les compositeurs de demain devront-ils capituler devant la puissance démiurgique de l’intelligence artificielle (IA) ?

IA Intelligence artificielle VS composer compositeur ©Oktay Koseoglu

Crédit photo : Oktay Koseoglu

économie de la création attire l’attention de l’analyste financier ! Avec l’intelligence artificielle (IA), on estime que les créateurs de demain auront une sphère d’influence démultipliée par rapport aux réseaux sociaux aujourd’hui, et que leur public aura une préférence marquée pour le contenu généré par les auditeurs eux-mêmes et pour les formats combinant vidéos et autres. Ce marché aurait déjà la coquette taille de deux cent cinquante milliards de dollars, et devrait croître annuellement de plus de 10 %.

Qu’est-ce que cela signifie pour le compositeur de chair et d’os ? Doit-il capituler devant la puissance du démiurge combinatoire capable de composer une symphonie beethovéno-mozartienne en deux temps trois mouvements ? Pas si vite. D’abord, la créativité et l’émotion humaines sont inimitables par des algorithmes dont le principe est de « synthétiser l’existant ». Ils ne peuvent pas, par ailleurs, produire de l’émotion humaine, de l’expérience par-delà la structure ou l’harmonie sur lesquelles s’appuie la faculté humaine à communiquer des ressentis complexes et subtils. Spontanéité créative et profondeur de l’âme forment un oxymore indépassable par l’algorithme.

Les limites de l’algorithme

Ensuite viennent l’interprétation et la performance. Composer, ce n’est pas seulement écrire des notes sur une partition ! Souvent les grands maîtres ont composé pour un artiste particulier. L’intention et le ressenti apportent une expressivité unique dans l’interprétation, produisant des idiosyncrasies personnelles, voire de délicieuses erreurs ! L’IA peut générer des partitions, elle ne peut faire vibrer une œuvre.

Enfin, le contexte historique et culturel ancre l’intention du compositeur dans l’humain. À l’IA manque souvent la compréhension contextuelle nécessaire pour créer des pièces musicales qui reflètent la richesse et la diversité de ces contextes. Et surtout pour trancher. Quel algorithme saura saisir l’ineffable nuance culturelle ou les émotions spécifiques à chaque époque ? Un algorithme aurait-il pu rompre avec la musique tonale puis faire son mea-culpa ?

L’économie et la propriété orientées vers les compositeurs humains ont encore de longs jours devant elles ! Les musiciens peuvent utiliser l’IA pour éviter les enchaînements de quintes, trouver les bons tons voisins ou transposer. Mais il leur reviendra toujours de créer. Pour pouvoir en vivre, les compositeurs de demain pourront faire levier sur des plateformes dédiées, des produits, des médias et des modèles de monétisation, que l’analyste financier de l’économie du créateur évalue déjà à plusieurs centaines de milliards de dollars

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