Christian-Pierre La Marca, le romantisme à la Schumann

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Published On: 24 janvier 2025|
Temps de lecture : 3 minutes

Le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, fasciné par le couple Schumann, nous rapporte leur « conversation amoureuse ».

Christian-Pierre La Marca ©SDP

Crédit photo : SDP

« Une histoire d’amour qui traverse le temps, un absolu, une complémentarité artistique et humaine… c’est sans doute cela qui passionne tant les mélomanes dans la relation entre Robert et Clara Schumann ». Le violoncelliste Christian-Pierre La Marca s’est plongé dans un univers peu connu en découvrant la correspondance du couple romantique par excellence : « J’étais sous le charme, comme un enfant… Et je me suis rendu compte que tous les écrits, avec des mots ou en musique, correspondaient. Mettre en lien Clara et Robert de cette manière a été une évidence. »

Cette évidence a trouvé son expression au disque alors que l’interprète se montrait prêt à enregistrer le Concerto pour violoncelle de Schumann, chef-d’œuvre de virtuosité et d’intensité. « Cette œuvre a une place particulière dans le cœur de tous les violoncellistes. L’écriture est à la fois pianistique et vocale, avec une exigence technique très élevée : des octaves, des quintes, des mouvements ascendants et descendants perpétuels. Le soliste est exposé du début jusqu’à la fin ; il ne peut pas se cacher derrière l’orchestre. » À la baguette, son ami et ancien violoncelliste du Quatuor Ébène Raphaël Merlin l’a soutenu avec les musiciens de l’Orchestre Philharmonia ; un partenaire idéal qui se distingue par sa « culture du son, assez plein, une belle homogénéité des pupitres et une rapidité de compréhension et d’exécution. »

Une « conversation amoureuse » préside ainsi au programme intitulé « Love Letters ». Autour du Concerto de Robert, ponctué d’incessantes citations de Clara qui s’incarne dans les quintes diminuées, les romances du mari dialoguent avec celles de la femme et lorsque l’un compose les Scènes d’enfants, l’autre répond avec les six Lieder op. 13.

Du romantisme au contemporain

En face de cette conversation, quatre compositeurs contemporains se sont prêtés au jeu d’écrire une œuvre inspirée par les échanges amoureux de notre siècle. « On aime de la même façon aujourd’hui, mais dans une temporalité qui s’est accélérée », souligne le violoncelliste qui se félicite de la diversité de langages des créateurs : Patricia Kopatchinskaja, « minimaliste et descriptive », Michelle Ross, qui mêle sa « fascination pour la musique minimaliste américaine » et une « grande inspiration de l’école de Vienne », Fabien Waksman, le « néo-classique à la musique très descriptive » et Jean-Frédéric Neuburger, d’une « grande intériorité, d’inspiration atonale et toujours chantée ».

Le programme « Love Letters » sera interprété au cours de la saison de concerts Vibrations, à Lyon, initiée par le musicien. « La musique vocale et la musique de chambre ne sont que très peu visitées sur ce territoire. Cette nouvelle comble une lacune. » Le 28 mars, Olivier Py et Claire Chazal en récitants porteront les textes des époux Schumann aux côtés du violoncelliste, de Cyrille Dubois et de Jean-Frédéric Neuburger.

En janvier, Patricia Petibon et Susan Manoff ouvrent la saison Vibrations, qui s’achèvera en mai avec Stéphane Degout, le Quatuor Arod et Christian-Pierre La Marca. Pour compléter cette farandole de cordes à son violoncelle, Christian-Pierre La Marca réalise avec France Musique une série de podcasts sur les violoncellistes de légende.

Pour plus d’informations

À écouter : Podcasts. Les cinq premiers épisodes sont consacrés à Jacqueline du Pré, Pablo Casals, Emanuel Feuermann, Gregor Piatigorsky et Mstislav Rostropovitch — France Musique

Vient de paraître : « Love Letters » — Naïve V7364 (2 CD)

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