Le Festival d’Automne et la Philharmonie de Paris présentent Sonnatg aus Licht, audacieux Dimanche de Lumière, suite de la nouvelle production intégrale de l’opéra géant de Stockhausen interprété par Le Balcon de Maxime Pascal, accompagné ici par l’Orchestre de chambre de Paris, l’Académie du Conservatoire de Paris, la Maitrise de Paris et le Chœur Stella Maris.

Crédit photos : Denis Allard

Le cycle de Licht se poursuit à la Philharmonie de Paris avec cette année Sonntag aus Licht, Dimanche de Lumière, jour du Seigneur et de l’union mystique de Michael avec Ève, principaux protagonistes avec Lucifer de cet opéra géant de Stockhausen. Les deux premières scènes se passent vendredi soir à la Cité de la Musique où les travées du parterre forment une croix dans laquelle évoluent le ténor Hubert Mayer et la soprano Michiko Takahashi avec les musiciens du Balcon et de l’Orchestre de chambre de Paris. Harmonie des sphères et circulation des timbres célèbrent une union avec le cosmos dans la scène 1 avant que dans la scène 2, Processions d’anges, fassent entendre l’écriture chorale du compositeur, de la dualité à l’unité, des polyphonies à l’homophonie finale.

Lundi soir nous voici dans la Grande Salle de la Philharmonie pour la scène 3, Lumière-Images, où Hubert Mayer et le trompette d’Henri Deléger incarnent Michael tandis que la flûte de Julie Brunet-Jailly et le cor de basset d’Alice Caubit sont Ève. Un chant de grâce et de remerciements à Dieu prend la forme d’un rituel litanique, avec sur un écran des images représentant les éléments et personnages cités. La scène 4, Parfums-Signes, convoque six chanteurs solistes et un synthétiseur pour célébrer les sept emblèmes de Licht et ses sept parfums qui circulent dans la salle, diffusés par des officiantes les portant dans des coupelles. Les combinaisons vocales alliés au synthétiseur forment un entrelacs expressif particulièrement saisissant, avant que Michael-enfant n’arrive et entame un duo avec Ève et reparte avec elle dans un autre monde, suivi par un magnifique cheval blanc, sans doute la première intervention chevaline sur la scène de la Philharmonie. La scène 5, Temps élevés, voit une partie du public partir dans la salle de la Cité de la Musique, tandis qu’une autre partie dont nous sommes reste dans la grande salle de la Philharmonie pour assister à des réminiscences et condensations orchestrales de différentes séquences de Licht. À certains moments des interventions de chœurs se déroulant à la Cité de la Musique apparaissent en surimpression sonore et vidéo.

Puis nous allons à la Cité de la Musique pour écouter la même scène dans sa version pour sextuors et octuors vocaux, avec parfois la présence sonore et vidéo des instrumentistes jouant à la Philharmonie, le chœur chantant le même matériau que l’orchestre pour un résultat sensiblement différent, les ornementations vocales produisant une accentuation psychédélique de la polysémie poétique proposée. Enfin dans l’Adieu de dimanche, quatre synthétiseurs préenregistrés reprennent le thème de cette dernière scène, tout en invitant quelque part à reprendre le cycle par le Lundi, tout comme la fin de la lecture de La recherche du temps perdu invite à la reprendre du début. Magistrale proposition qui après le Parsifal de Wagner et les rêves de nouvelles cérémonies du Livre de Mallarmé réussit à créer un rituel initiatique d’une étrangeté absolue, Sonntag aus Licht captive et surprend par son audace à chaque instant. Reste au Balcon à créer Lundi et Mercredi de Lumière pour finir leur interprétation complète des sept jours de la semaine de Licht. Puis peut-être après ces intrépides musiciens dirigés par Maxime Pascal pourront-ils investir Klang, ultime fresque de Stockhausen qui explore les vingt-quatre heures d’une journée ?

Pour plus d’informations :