Les instruments et les effectifs ont été reconsidérés afin d’approcher les conditions de la création d’Atys de Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault.

Atys de Lully ©SDP

Crédit photos : SDP

« Une version totalement inédite s’appuyant sur une nouvelle lecture des sources », assure le Centre de musique baroque de Versailles. Atys, tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault, créée le 10 janvier 1676 à Saint-Germain-en-Laye, recréée près de Florence en 1986 puis à Paris l’année suivante par William Christie et Jean-Marie Villégier, a marqué des générations de mélomanes et défini un étalon du baroque français. Mais les jeunes musiciens ont voulu retourner aux documents d’époque pour interroger la validité de ce modèle. « Il ne faut pas oublier qu’Atys figure parmi les premiers opéras de Lully et n’adopte pas des principes établis ensuite. Ainsi les chanteurs ne sont pas accompagnés par de grands récits de cordes à cinq parties mais par la seule basse continue », précise Alexis Kossenko, chef d’orchestre de cette nouvelle production. Et d’ajouter : « Par ailleurs, les instruments à vent n’interviennent pas en permanence comme doublures des cordes mais à des moments bien particuliers du récit. »

Le rôle reconsidéré des instruments à vent

C’est en mettant en regard la partition et le livret des représentations d’Atys devant Louis XIV et sa cour que se sont posées des questions. Le texte mentionne des éléments que la partition ignore, comme, le nom et donc le nombre des instrumentistes. Selon Neven Lesage et Benoît Dratwicki, du Centre de musique baroque de Versailles, l’orchestre de fosse s’organisait en deux ensembles autonomes : d’un côté, les cordes, de l’autre, le groupe de basse continue, sollicité dans les récitatifs, dont l’effectif « devait rassembler deux violes, deux basses de violons, deux théorbes et un clavecin, jouant tous d’un bout à l’autre sans effet d’instrumentation. »

Atys de Lully ©SDP

Si les instruments à vent ont vu leur rôle reconsidéré, leur nature même a été repensée. « Quand j’ai voulu savoir comment sonnaient les hautbois dans ces années 1670 je me suis trouvé face à une énigme, se souvient Alexis Kossenko. Les instruments utilisés aujourd’hui sont souvent postérieurs. Et il ne reste pas grand-chose des grandes familles de facteurs, les Hotteterre et les Philidor. » Il a donc fallu construire des instruments à partir de rares spécimens conservés au musée de la Musique et reconstituer la famille complète des huit hautbois, comprenant trois cromornes pour la basse, équipés d’anches taillées selon les pratiques anciennes.

Le chœur change également. Non seulement il comprend une majorité d’hommes, les enfants assumant les lignes supérieures, mais encore il varie au gré des scènes, évoluant entre onze et trente-sept chanteurs. C’est donc une production historiquement très informée qui s’annonce et promet des surprises.

« Elle repose sur la plus stricte musicologie, le but étant, bien sûr, de s’en libérer pour donner vie à la musique », conclut Alexis Kossenko.

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