Alfredo Bernardini s’aventure dans le répertoire pour hautbois et cordes des années 1770 à 1814 en choisissant chaque fois l’instrument le plus adapté à l’œuvre. Entouré de Cecilia Bernardini (violon), Simone Jandl (alto) et Marcus van den Munckhof (violoncelle), il joue ainsi de cinq hautbois différents, dûment décrits dans le texte de présentation, avec mention du diapason, du facteur, de la date de fabrication ainsi que de la forme de la perce et du matériau utilisé. La différence se perçoit assez nettement à l’écoute : outre la variété de diapasons, on entend ici un son boisé et charnu dans le Canon de Druschetzki, là une sonorité plus brute et perçante dans Bach…

Ce disque se distingue en outre par un programme original et d’heureuses découvertes, comme cette agréable Romance de Charles Bochsa en forme de thèmes et variations. On restera en revanche plus réservé sur le Quatuor de Mozart, alors qu’Alfredo Bernardini a laissé une très belle version de son Concerto avec son ensemble Zefiro (Arcana, 2006). Un vibrato parfois envahissant et un manque de nuances rappellent que la discographie ne manque pas de versions jouées avec plus de finesse et de rondeur: Les Adieux (Deutsche Harmonia Mundi, 1990) et Frank de Bruine (Glossa, 2015) sur instruments anciens et Alexei Ogrintchouk (Bis, 2012) et Heinz Holliger (Philips, 1984 et 1992) sur instruments modernes.

Œuvres de J.-C. Bach, Mozart,
Bochsa, Dotzauer, Rolla
et Druschetzki

Quatuor Bernardini

Arcana A482. 2021. 1h07

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